Le PA n° 10 est commandé en juin 1940 par le Sergent Chef IMPERATO du II/79° RIF.
Source(s) :
On a livré la Ligne Maginot, ROGER BRUGE, Edition FAYARD
Historique du 79°RIF SHD 34N92
La commune de Trimbach comprend trois points d’appui implantés sur la ligne des avant-postes, en arrière du cours de l’Hausauerbach, ligne qui se prolonge entre Seebach et Niederroedern jusqu’à Seltz et le Rhin.
Cette organisation résulte du changement de doctrine de fortification du secteur fortifié de Haguenau en 1935, marqué par l’adoption d’un front continu. Ce choix entraîne la construction de petits blocs réalisés par la Main-d’Œuvre Militaire (MOM). Les ouvrages peuvent être considérés comme achevés en 1938.
Le front reste calme jusqu’en mai 1940. Le 14 mai, les forces allemandes s’emparent de la forêt du Mundat, à l’est de Wissembourg. Les troupes françaises se replient alors sur la ligne des avant-postes, dont font partie les blocs de Trimbach. Durant la période de la Drôle de Guerre, le front se stabilise, laissant place aux patrouilles et aux actions des corps francs. En avril, l’activité s’intensifie avec des bombardements d’artillerie allemande sur la ligne des avant-postes.
Le 22 mai, ceux de Trimbach sont occupés par des éléments du II/79° RIF.
À partir du 12 juin 1940, face à l’effondrement de la situation militaire dans le Nord, la région parisienne et la Champagne, le GQG ordonne le repli des unités de forteresse de la ligne Maginot et des unités d’intervalle. Deux tiers des effectifs du 79° RIF rejoignent la division de marche REGARD, constituée avec les troupes du SFH en repli et chargée de gagner Chaumont (Champagne) par voie ferrée afin de freiner l’avance ennemie.
Les troupes demeurées sur place forment le groupement SCHWARTZ, chargé de tenir la LPR. La situation s’y dégrade rapidement : le 15 juin, la 7° Armée allemande franchit le Rhin au sud de Strasbourg tandis que la 1° Armée perce en Sarre. Les avant-postes de Seebach, Climbach et Trimbach sont attaqués. Trimbach est submergé ; les autres avant-postes doivent se replier malgré l’appui de l’artillerie d’ouvrage.
Le commandement des éléments restants du 79° RIF est confié au CB HENRY. Le quartier d’Oberroedern, dont dépend Trimbach, est placé sous les ordres du Cne QUINET du II/79° RIF.
À Trimbach :
• le point d’appui n° 10 est commandé par le sergent-chef IMPERATO ;
• le point d’appui n° 11 par le lieutenant JUNG ;
• le point d’appui n° 11bis par le sous-lieutenant SCHALL.
Dès 2 h 30, le 15 juin, les guetteurs du 79° RIF observent des fusées vertes et rouges s’élever au-dessus de la vallée de la Seebach. Les troupes de la 246° Division d’Infanterie allemande, commandée par le Gal Erich DANECKE, lancent une première attaque contre la ligne des avant-postes. Sous une pluie battante, les points d’appui n° 8 et 9, à l’ouest de Trimbach, sont submergés. Malgré l’appui de l’artillerie lourde des ouvrages de la ligne Maginot, l’artillerie allemande bombarde intensément les positions du 79° RIF.
Les trois points d’appui de Trimbach subissent un bombardement continu durant près de deux heures, avant l’assaut de l’infanterie ennemie. Selon le témoignage du Lt JUNG, le SC IMPERATO inflige de lourdes pertes à l’assaillant devant les réseaux de barbelés du point d’appui n°10.
Le Lt JUNG demande alors au Lt IMBONA, commandant des avant-postes du 79° RIF, l’autorisation d’une sortie pour recueillir les blessés allemands. En réponse, le Lt IMBONA avertit les défenseurs qu’une nouvelle attaque est imminente et précise qu’aucun ordre de repli ne sera donné : il faut tenir sur place.
À partir de 12h30, les trois points d’appui sont menacés sur trois côtés et risquent l’encerclement. Le Lt JUNG fait parvenir un dernier message par coureur au Cne QUINET afin de demander la conduite à tenir. Il indique pouvoir tenir jusqu’à 17 heures, au-delà desquelles les munitions viendront à manquer. Le Cne QUINET consulte le CB HENRY, qui tranche sans hésiter :
« Pas de repli, on résiste sur place. »
Les points d’appui n° 10 et n° 11 obéissent à cet ordre et combattent jusqu’à épuisement de leurs munitions. À 18h30, les hommes du sergent-chef IMPERATO et du lieutenant JUNG déposent les armes. Le sous-lieutenant SCHALL, commandant le point d’appui n° 11bis, parvient quant à lui à regagner les lignes françaises avec ses hommes, protégés par la résistance des points d’appui n° 10 et n° 11.
Source(s) :
On a livré la Ligne Maginot, ROGER BRUGE, Edition FAYARD
Historique du 79°RIF SHD 34N92