FORT du LARMONT SUPERIEUR

( Casernement )









Secteur Fortifié
SFJ - SF Jura

Sous Secteur
Jura

Quartier

Maître d'ouvrage
MIL - Séré de Riviéres

Constructeur
Entreprises civiles

Année
Commune
PONTARLIER (25300)

Lieu-dit / Parcelle

Coordonnées
46.892232 - 6.392824

Validité information
Verifié

Niveau de réalisation en 1940
Construit

Etat actuel
Non vérifié





Notes et informations



ARMEMENT, Artillerie

À la veille de la Première Guerre mondiale, en 1914, le fort est doté d’un armement modernisé comprenant :
• 7 canons de 155 mm,
• 4 canons de 120 mm,
• 4 canons de 95 mm,
• 2 canons de 90 mm.

Malgré ces équipements, le fort du Larmont supérieur ne joua aucun rôle actif durant la Grande Guerre, échappant ainsi aux combats.

A la mobilisation 1939 son armement se résumé à :
- Tourelle démontable STG 1935-1937
- 2 Fusil Mitrailleurs Mle 24 avec 6000 cartouches
- 8 canons de tranchée (75T)
Source(s) :
« Les secrets du Haut-Doubs - Le Fort Catinat [archive] », sur www.cancoillotte.net
Rapport du Cne MERCURY - SHD 34N 385



CONSTRUCTION, Description

Le fort du Larmont supérieur, également appelé fort Catinat, est un ouvrage militaire du XIXᵉ siècle de type Séré de Rivières.

Édifié à 1 170 mètres d’altitude sur le territoire de la commune de Pontarlier (Doubs), il domine la cluse de Joux et contrôle la voie stratégique reliant la France à la Suisse.

Ce fort s’inscrit dans un ensemble défensif cohérent, destiné à protéger ce passage clé, utilisé depuis l’Antiquité. Les Séquanes désignaient déjà la cluse de Joux sous le nom de « IORS », soulignant son importance stratégique.

La défense du site repose d’abord sur le château de Joux, mentionné dès 1039, dont les fortifications ont été progressivement renforcées au fil des siècles.

À partir de 1845, ce dispositif est complété par la construction du fort du Larmont inférieur (dit fort Malher), puis par celle du fort du Larmont supérieur, dont les travaux débutent en 1880.

La construction s’achève en 1883.

De forme hexagonale irrégulière, le fort est entouré de fossés au nord, à l’est et au sud, tandis que son flanc ouest domine l’à-pic surplombant la ville de Pontarlier. C’est sur ce côté, naturellement protégé, que se trouve l’entrée principale.

Le casernement, adossé au rempart ouest, était prévu pour accueillir une garnison de 290 hommes. L’armement d’origine comptait dix-sept canons répartis sur les fronts nord, ouest et sud — les directions jugées les plus vulnérables — ainsi que deux postes de communication optique :

• l’un vers le fort Saint-Antoine, au sud,
• l’autre vers le fort de Montfaucon à Besançon ou le fort du Lomont, au nord.

En 1886, une batterie annexe est construite au sud-ouest, à l’extérieur du fort. Elle comprend quatre canons de 120 mm et deux abris sous roc pouvant chacun héberger 60 hommes.

Un second projet de batterie, envisagé au nord-est pour accueillir trois canons de 155 mm et deux mortiers de 270 mm, est finalement abandonné en 1890.

En 1891, deux nouveaux abris sous roc sont creusés : l’un sous l’escarpe, près de l’entrée, et l’autre sous la contrescarpe au sud. S’y ajoutent deux petits magasins à poudre et deux ateliers de chargement d’obus.
Source(s) :
https://www.cancoillotte.net/spip.php?article498
Archive CD25
« Histoire de la ville de Pontarlier. », sur www.ville-pontarlier.fr
Note no 5285 le 25 mars 1886 du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du 21 janvier 1887 pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger. JO
Lettre no 14980 bis le 13 octobre 1887 de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier 1887. JO



CONSTRUCTION, Environnement

Le fort était environné de positions d'infanterie. L'une d'entre elles se trouve aux Jantets, à 46.8863 N et 6.3782 E
Source(s) :
Reconnaissance sur le terrain - Alain Nicolas



DENOMINATION, Dénominations alternatives

Par un décret du 21 janvier 1887, le ministre de la Guerre Georges Boulanger décide de renommer l’ensemble des forts, batteries et casernes de France en leur attribuant le nom d’anciens chefs militaires illustres.

Le fort du Larmont supérieur reçoit alors le nom de fort Catinat, en hommage au maréchal de France Nicolas de Catinat (1637-1712). Ce nouveau nom est gravé sur le fronton de l’entrée du fort.

Cependant, la mesure ne reste en vigueur que quelques mois : dès le 13 octobre 1887, le successeur de Boulanger, Théophile Ferron, abroge le décret. Le fort reprend alors officiellement sa dénomination d’origine, fort du Larmont supérieur, tout en conservant le nom “Catinat” sur son fronton, témoignage visible de cet épisode administratif éphémère.
Source(s) :
1. Note no 5285 le 25 mars 1886 du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du 21 janvier 1887 pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.
2. Lettre no 14980 bis le 13 octobre 1887 de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.



DENOMINATION, Indicatifs et n° d'abonné

La batterie d'artillerie était dénommée S 26

Un observatoire d'artillerie O 1 était installé au niveau du fort
Source(s) :
NARA - T 84 R 483



Le fort était desservi par le central du Fort de Joux , lui même raccordé par une ligne depuis le central PTT de Pontarlier, abonné 4.38
Source(s) :
NARA - T 84 R 483



EFFECTIF, Commandement et/ou unité

Suivant le rythme des relèves de septembre 1939 à juin 1940

- 1° Bataillon de Chasseurs Pyrénéens du Lt DAVIES,
- 23° Bataillon de la 4° B.I.L.A du Cba LALLE.

Durant les combats du 17 juin 1940 :

Commandant de l'ouvrage : Cne MERCURY

- ½ batterie de la 4° Bie du II/170e RAP du Lt PELOUZE
- 1°Cie de marche du 10 Bataillon du Jura du Cne LANTZ,
- Cie de douaniers "Mobile Pontarlier" - Cdt JACQUEMET
- Cie d'Engins de la Compagnie la 4° ½ B.I.L.A. - Cne MERCURY
- EM de la 4° ½ B.I.L.A.

Effectifs lors des combats : 15 officiers et 270 hommes.
Source(s) :
NARA - T 84 R 483
Rapport du Cne MERCURY - SHD 34N 385



ETAT ACTUEL , Etat - utilisation actuelle

Fin 2024, la fromagerie Marcel-Petite a repris la location du fort du Larmont supérieur, L’objectif est de transformer cette ancienne fortification en cave d’affinage pour le comté, comme elle a pu le réaliser avec le Fort Saint-Antoine.
Source(s) :
Site web : Fromageries Marcel Petite
https://www.comte-petite.com/



HISTORIQUE, Chronologie

Le fort n'est occupé au moment de l'arrivée des allemands que par un petit détachement d'infanterie, une section d'artilleurs et 4 mitrailleuses, commandés par le Cne MERCURY de la CRE de la 4e demi-brigade d'Infanterie Légère (4° DBIL), unité disciplinaire chargée de retarder les allemands à Pontarlier.

Le 17 Juin 1940, il accueille l'EM de la 4° DBIL. Le fort est attaqué dans l'après-midi après une préparation d'artillerie qui durera de 11h30 à 13h15. Un premier assaut d'infanterie est repoussé, et malgré la perte de 2 des 4 mitrailleuses, continue à bloquer les assaillants dans les fossés jusque vers 19h40, malgré de multiples tentatives.

Le fort finit par capituler après 20h, ses moyens largement détruits. Les 8 officiers et 122 hommes de la garnison quittent le fort, sont regroupés dans la cour du collège des Augustins à Pontarlier avant de partir pour la captivité en Allemagne devant les troupes allemandes qui lui présentent les armes.

Durant l'occupation, les allemands récupèreront le métal de la grille défensive protégeant l'accès au fort et la pente face à la gorge du fort.

Commentaire wikimaginot :
Les conditions de la reddition du fort ont fait l'objet de débats et de controverse. Se reporter au rapport du Cne Mercury sur cet épisode
Source(s) :
wikipédia, Alain Nicolas
wikimaginot - commentaire



Initialement ignoré par la CORF en raison de la neutralité suisse, le secteur fortifié du Jura ne fait l’objet d’aucune étude spécifique au cours des années 1920-1930. Faiblement doté en crédits, il demeure en marge des priorités nationales, d’autant que la région fortifiée de Belfort–Haut-Rhin, située plus au nord, voit également ses projets suspendus faute de moyens financiers.

La situation évolue cependant à partir de 1937, à la suite de deux événements majeurs : la remilitarisation de la Rhénanie (1936) et la constitution de l’Axe germano-italien. Ces bouleversements géopolitiques, conjugués à la déclaration de neutralité belge, amènent l’État-major à reconsidérer la fiabilité des neutralités voisines. Les traités de Vienne (1815) prévoyaient en effet la possibilité, pour les puissances victorieuses de l’époque — notamment la Prusse —, d’abolir la neutralité suisse en cas de nouveau conflit avec la France.

Dans ce contexte, une première enveloppe de 1,9 million de francs est débloquée en janvier 1937, complétée de 0,4 million au cours des mois suivants. Ces crédits permettent la construction de barrages défensifs à Goumois, Pont-de-Roche, Villers-le-Lac, Morteau et Pontarlier, marquant le début d’un renforcement progressif du dispositif dans le Jura.

Lors de la mobilisation de 1939, la crainte d’une violation de la neutralité suisse conduit à une accélération des travaux menés par la Main-d’Œuvre Militaire (MOM). Ces efforts se concentrent sur la protection des vallées et des axes de pénétration stratégiques, notamment Villers–Morteau et Joux–Pontarlier.

Parallèlement, les anciens forts Séré de Rivières du secteur — Joux, Saint-Antoine, Larmont et Risoux — sont réoccupés, sans toutefois être modernisés. Le Fort de Larmont dispose néanmoins du rajout d’un tourelle STG Mle 1935 -1937.

A la veille de la mobilisation son armement se résumé à :
- Tourelle démontable STG 1935-1937
- 2 Fusil Mitrailleurs Mle 24 avec 6000 cartouches
- 8 canons de tranchée (75T)

Le 23 août 1939, le II/159°RAP se déploit sur le Secteur Fortifié du Jura et prend position au Fort de Joux et installe une batterie de 4 canons de 155 mm C St Chamond au « Boulot » dans le hameau de Jantets.

Sous le commandement du Gal HUET, différentes unités occupent le secteur entre septembre 1939 et mai 1940, notamment la 57ᵉ Division d’Infanterie, appuyée par les Gardes Mobiles des 1° et 4° Cie de la 8ᵉ Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) et des éléments du 77ᵉ Régiment Régional.

En janvier 1940, la responsabilité du Jura est confiée au 45ᵉ Corps d’Armée de Forteresse (CAF), intégré à la 8ᵉ Armée, commandée successivement par les Gal GARCHERY puis LAURE.
Durant la « Drôle de Guerre », le front reste calme dans la région de la Cluse de Joux. L’activité se limite à des patrouilles de surveillance menées par les douaniers et gardes mobiles, à quelques travaux de défense et à des stages de perfectionnement des troupes stationnées. Le fort du Larmont Supérieur n’est alors pas considéré comme un point stratégique majeur par l’État-major.

Entre le 10 mai et le 13 juin 1940, le secteur demeure paisible. Cependant, à mesure que la situation se dégrade sur le front du nord, les unités organiques de la 57ᵉ et de la 63ᵉ DI sont progressivement retirées pour renforcer d’autres zones. À la mi-juin, seuls subsistent les éléments de la 4ᵉ Division Blindée Légère d’Infanterie (DBILA) ainsi que différents éléments issus du 45°CAF.

Le Fort du Larmont Supérieur accueillera dans ses murs la compagnie du Lt DAVIES du 1° Bataillon de Chasseurs Pyrénéens, puis une compagnie du 23° Bataillon d’Infanterie Légère (4e Demi-Brigade d’Infanterie Légère) du Cba LALLE.
Le 6 juin 1940, la section du lieutenant Pelouze est déplacée à Oye-et-Pallet.

Le 15 juin, sa demi-batterie se repositionne au lieu-dit « Les Boulots », sous le Fort du Larmont Supérieur.
Dans la soirée, elle reçoit l’ordre de relever le 23° BIL au Fort du Larmont Supérieur, cette unité devant se replier.

Avant d’abandonner leurs positions, les artilleurs neutralisent leurs deux canons de 155 mm C Saint-Chamond en retirant les culasses, afin d’empêcher toute réutilisation par l’ennemi.

Alors que la défense du Jura devait initialement faire face à une éventuelle incursion depuis la Suisse, la menace vient finalement de l’ouest : la progression du corps blindé du général Guderian, avançant depuis Langres, oblige le 45ᵉ CAF à envisager un repli.
Malgré la résistance des troupes françaises lors des combats de Vercel et d’Aïssey, la pression allemande s’intensifie. La défense du fort est alors confiée par le Cdt DAVOUZE (4ᵉ DBILA) le 16 juin à 1 heure du matin au Cne MERCURY, chef de la compagnie d’engins de la demi-brigade.

Celui-ci dispose de :

• 90 hommes et 2 officiers de sa compagnie d’engins,
• 80 hommes issus de deux sections de voltigeurs de la 1ʳᵉ compagnie de marche du 1ᵉʳ Bataillon du Jura (Cne LANTZ),
• 41 douaniers du détachement de Pontarlier (Lt VIENNET),
• et d’une partie de la 4ᵉ batterie du II/170ᵉ Régiment d’Artillerie de Position (Lt PELOUZE).

Le 16 juin 1940, le Cne MERCURY organise la mise en défense du fort, recevant quelques renforts dans la journée. Le lendemain, 17 juin peu avant 12h, débute une première attaque allemande suivi après son échec par un bombardement de l’artillerie allemande stationné dans la plaine à 5 kilomètres de Pontarlier.
Plusieurs attaques successives sont repoussées avec acharnement, malgré la destruction de trois mitrailleuses sur six.

À 19h40, il ne reste qu’une seule arme automatique et les munitions sont presque épuisées. Les Allemands tentent de forcer la porte, mais sont encore repoussés.

Le but tactique — retarder l’ennemi — est atteint. Face à la situation désespérée, le général allemand propose la reddition honorable du fort. À 20h, les 122 hommes et 8 officiers de la garnison sortent du fort. Les troupes allemandes leur présentent les armes ; les officiers conservent leurs effets personnels, leurs bagages et leurs chevaux, avant d’être conduits à Pontarlier, puis envoyés en captivité en Allemagne.

Les forts Malher et de Joux purent, quant à eux, résister pendant huit jours, grâce à la configuration favorable du terrain et l’état de préparation de leur défense.

Contrairement au fort du Larmont Supérieur, construit sur une position plane et exposée au sommet du Larmont — parfaitement visible de l’artillerie allemande postée à Pontarlier —, les forts de Joux et Malher bénéficiaient d’une cluse naturelle.

Ce relief encaissé forçait l’ennemi à s’approcher à découvert, offrant ainsi aux défenseurs un avantage tactique décisif.
Principaux faits d’armes de l’Armée française dans le Secteur Fortifié du Jura, les conditions de défense et de reddition du fort feront l’objet d’un rapport du Cne MERCURY, très critique envers le Cdt DAVOUZE — accusé d’avoir rendu le fort alors qu’il était encore en état de se défendre — ainsi qu’envers les artilleurs du 170° RAP, reprochés de s’être réfugiés dans les abris-cavernes pendant les combats.

Le Lt PELOUZE rédigera à son tour un rapport contradictoire sur ces points, tout en confirmant que le CB DAVOUZE a négocié la reddition sans en référer à quiconque, outrepassant ainsi l’autorité du Cne MERCURY en tant que commandant de place.
Le Cdt DAVOUZE, de son côté, produira en 1941 un rapport sur ces événements, dans lequel il précise que, lorsqu’il prend l’initiative, le fort est déjà à court de munitions et compte « morts et des blessés ».
Source(s) :
Rapport du Cne MERCURY - SHD 34N 385
https://wikimaginot.eu/V70_glossaire_detail.php?id=100103



Fils de discussion


Douaniers au fort du Larmont supérieur ?
3 messages, le dernier est de jolasjm le 29/12/2023

récit du capitaine Mercury
4 messages, le dernier est de jolasjm le 26/07/2018



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