Dernière modification par alainH le 21/01/2026.
, Bonsoir Rémi, bonsoir Pascal
Je peux préciser les points suivants:
Le CO est effectivement propre à un observatoire. Il permet de repérer un objectif dans la zone vue. Grâce d'une part, à la mesure du gisement (par rapport au nord des cartes d'état-major) et par la mesure du site (négatif ou positif) par rapport à l'axe optique du périscope (grossièrement, correspond à la différence d'altitude en tenant compte de la distance).
Ces deux mesures permettent de repérer un point (et un seul) sur la carte d'état-major. On possède ainsi les coordonnées Lambert de l'objectif car on remarque que les carroyages sont dessinés sur le CO.
On pourrait ainsi donner au bloc d'artillerie les coordonnées de l'objectif afin qu'il puisse calculer les éléments du tir. En fait, cette méthode n'est pas très rapide et les artilleurs, sous la direction du général Menjaud (dont Rodolphe dit le plus grand bien), ont trouvé une autre procédure.
Les éléments singuliers du paysage sont repérés par des lettres: K (les lignes de crête), B (les bois), V (les villages).
Et nous arrivons au fameux COB "conjugué observatoire- bloc". Ce document est établi pour deux organes bien définis, ici l'observatoire de Hunspach et le bloc 3 de Schœnenbourg (1)
Ce COB permet, par simple lecture du gisement et du site mesurés par les observateurs de déterminer le gisement et la distance de l'objectif par rapport à la tourelle. Il y avait donc le même COB dans l'observatoire et dans le PC du Bloc 3 de Schœnenbourg. Il faut naturellement extrapoler entre les courbes.
Un exemple, assez grossier: pour un objectif repéré par Hunspach avec un gisement de 1100 (couleur brun) et un site de 2,0 , les éléments de tir de la tourelle sont distance 2 900 mètres et gisement 1308 (environ). C'est extrêmement rapide.
Ces documents ont été établis par les officiers des batteries d'ouvrage. Travail assez fastidieux car les calculs étaient réalisés avec les tables de log. Ensuite, il fallait un dessinateur très méticuleux. Tous ces documents sont partis en fumée fin juin et c'est inespéré que les documents d'Hunspach soient parvenus jusqu'à nous. J'en avais vu quelques uns dans les archives du Génie à Vincennes. Dans le cours d'artillerie de forteresse, des COB sont également reproduits (de mémoire, celui de l'observatoire du Réservoir).
Quant aux opérations réalisées dans le PC d'ouvrage et le PC de bloc, je ne peux que conseiller la lecture de Rodolphe, p. 34 à 36. Tout est bien expliqué (le colonel Rodolphe était un artilleur). il existe également un très bon schéma montrant l'organisation du PC artillerie (p. 43).
J'espère que mon laïus est assez clair.
Bonne soirée
alainH
(1) C'est curieux que ce COB soit établi pour une tourelle de Schœnenbourg car l'observatoire de HUnspach était normalement rattaché au SRA du Hochwald Est (cf. Rodolphe, page 70)