Insigne du 128° RIF Le 128° Régiment d'Infanterie de Forteresse est constitué à compter du 22 aout 1939 à partir du I° Bataillon du 149° RIF du temps de paix, aux camps d'Errouville et de Ludelange. Il est mis sur pied par le Centre Mobilisateur d'infanterie N°63 d'Etain, où des éléments des noyaux actifs sont chargés de la mise sur pied des réservistes B2 du 23 août au 26 août. Au même moment, les premières compagnies gagnent leurs positions de combat.
Ce régiment étant attaché à la forteresse et par nature stationnaire, il est faiblement équipé en moyens de transport.
Le régiment édita un journal le Cri du Béton (voir en partie documents de la page)
Etat Major du Régiment
PC à Serrouville
- Chef de Corps: Lieutenant-colonel ROULIN
- Chef d'État-Major: Chef de bataillon FERRY
l° Bataillon - Quartier Ludelange
PC abri du Gros-Bois
- Commandant le bataillon : Chef de bataillon VAQUIER
- Capitaine adjoint : Capitaine PANTHU
- Officier approvisionnement : Lieutenant MICHENAUD
- Officier détail : Lieutenant DOMERGUE
- Officier de renseignement : Lieutenant PESCHETEAU
- Officier des transmissions : Lieutenant BOURGUIGNON
- Officier pionnier : Lieutenant SCHWARTZBRAD
- Officier Z : Lieutenant JAKOVITZ
- Médecin : Sous-lieutenant JAVLIER
- CM 1 : Capitaine BARBE
- CM 2 : Capitaine QUEMARD
- CM 3 : Capitaine CROPSAL
- l° CEFV : Lieutenant APARD
- CHR : Capitaine LECUNFF
2° Bataillon - Quartier Aumetz
PC à Beuvillers
- Commandant le bataillon: Chef de bataillon ANDRE, puis capitaine PY à compter du 15 septembre 1939, puis chef de bataillon PERRON à compter du 15 février 1940
- Officier de renseignement : Sous-lieutenant GARREAU
- CM 5 : Capitaine DUBLANGE
- CM 6:
- CM 7 : Lieutenant LEVEAUX
- 2° CEFV : Capitaine FOURESTIER
- CHR :
3° bataillon - Quartier Crusnes
PC à Errouville
- Commandant le le Bataillon: Capitaine DE PIANELLI
- Officier des transmissions : Sous-lieutenant BAUD
- CM 9 :
- CM10 :
- CM 11 :
- 3° CEFV : Capitaine REUTER puis capitaine RAMBAUD à compter du 16 octobre 1939
- CHR :
Ouvrages
- Ouvrage d’artillerie de Bréhain : Chef de bataillon VANNIER
- Petit ouvrage d’infanterie d’Aumetz : Lieutenant BRAUN
- C2b - Casemate de Bréhain Ouest
- C23 - casemate du Ravin de Crusnes
- C24 - Casemate de Crusnes Ouest : Lieutenant VELTER puis du Lieutenant DOSMOND
- C25 - Casemate de Crusnes Est
- C26 - Casemate du Nouveau Crusnes Ouest : Lieutenant DARREY
- C27 - Casemate du Nouveau Crusnes Est
- C28 - Casemate du Réservoir : Lieutenant DARS
- C29 - Casemate de la Route d'Ottange Ouest : Lieutenant WURTZ
- C30 - Casemate de la Route d'Ottange Centre
- C31 - Casemate de la Route d'Ottange Est : Lieutenant THELLIER
- C32 - Casemate de Tressange : Aspirant FRAISON puis par le lieutenant INVENS
- C33 - Casemate de Bure : Adjudant-chef PELLE
- C34 - Casemate du Fond d'Havange
- C35 - Casemate du Gros Bois : Lieutenant BOUBEL
- X1 - Abri du Gros Bois
A la déclaration de guerre en septembre 1939, le régiment est seul sur la position et prêt à se battre. Il est en liaison à sa gauche avec le 139° RIF et sur sa droite avec le 169° RIF. Le régiment faisant face au Luxembourg, il n’est pas directement menacé par une action ennemie et peut ainsi entreprendre le renforcement de ses positions. De nombreux blockhaus sont alors construits et des kilomètres de tranchées creusées. Parallèlement à ces travaux, l’instruction des hommes et des cadres se poursuit. Des éléments du régiment sont également chargés de la surveillance de sites miniers, le sous-secteur d’Aumetz se trouvant au cœur d’une zone industrielle d’importance. Le 128° RIF est également renforcé par plusieurs divisions qui se succèdent jusqu’au 10 mai 1940 afin de consolider le dispositif défensif. Le 16 mars 1940, dans le cadre de la réorganisation de la défense des frontières, le secteur fortifié de la Crusnes est dissous et ses éléments organiques sont rattachés au 42° corps d’armée de forteresse.
Au 10 mai 1940, le 128° RIF n’est, une fois encore, pas directement menacé par l’ennemi. Seuls quelques avions survolent et bombardent la position, dont deux sont abattus au cours de la journée. Les jours suivants se révèlent toutefois plus mouvementés. Les dernières populations civiles encore présentes à proximité de la position sont évacuées, certains sites miniers sont détruits et les éléments envoyés au Luxembourg se replient. Par la même occasion les avant-postes se replient également, ce qui laisse les allemands au contact de la position bien qu’ils n’entreprennent quasiment aucune action, mis à part des bombardements réguliers. Par conséquent, les organes d'infanterie des ouvrages n'interviennent qu'à de rares occasions, à l'inverse de l'artillerie de l'ouvrage de Bréhain qui envoie à de très nombreuses reprises plusieurs milliers d'obus dans le ciel afin de frapper des éléments ennemis. Cependant, le 27 mai 1940 des éléments de la 2° CM sont pris sous le feu de l'ennemi. Alors que les casemates de Bure et de Fond d'Havange sont prises à partie par des bombardements, la tourelle démontable Dt4 essuie les tirs d'un canon de 37 mm la rendant inutilisable (mécanisme de rotation mis hors service). En réaction, le caporal AUBERTIN commandant la tourelle et ses deux hommes en sortent pour prendre l'ennemi à partie avec l'appui d'une section de mortiers de 81 mm. Au cours du mois de mai, ces bombardements ne se révèlent d’ailleurs guère menaçants, le régiment ne déplore qu’un nombre très limité de pertes et seuls quelques blockhaus sont légèrement endommagés.
Le 12 juin 1940, alors que les unités de renforcement ont quitté la position, hormis le 204° RI, le lieutenant-colonel ROULIN est informé que son régiment doit quitter le sous-secteur d'Aumetz dans la nuit du 13 au 14 juin pour se porter sur la Woëvre. Les équipages des casemates et des ouvrages doivent rester seuls sur place, tandis que le matériel ne pouvant être emporté est détruit, en particulier les canons de 47 mm des blockhaus. Le 128° RIF est intégré au groupement de marche Fleurian.
C’est donc dans la soirée du 13 juin que les trois bataillons entament, par leurs propres moyens, la première étape de leur périple. Le 14 juin à 10 heures, ils atteignent Avril et Mancieulles, où ils cantonnent jusqu’à 20 heures. À la tombée de la nuit, le régiment reprend sa marche en direction de Jarny. À leur arrivée dans l’après-midi du 15 juin, les fantassins sont témoins du bombardement de Mars-la-Tour par deux avions ennemis, qui ne provoque que des pertes civiles. Le 16 juin, les trois bataillons reprennent leur progression, cette fois en direction de Pont-à-Mousson, où ils cantonnent à Viéville-en-Haye et dans les localités environnantes. Cette marche se révèle particulièrement pénible pour les hommes, en raison de l’encombrement des routes. Par ailleurs, l’ennemi se rapproche : il est signalé à une trentaine de kilomètres au nord des nouvelles positions du 128° RIF. Cette situation met temporairement fin à la marche du régiment qui, le 17 juin reçoit l’ordre de se porter sur Gondreville afin d’interdire à l’ennemi le franchissement du canal de la Moselle à l’est de Toul. Pour remplir cette mission, le 3° bataillon s’installe à Gondreville, le 2° à l’écluse de Champagne, tandis que le 1° bataillon est tenu en réserve. Le poste de commandement du régiment est établi à la ferme du Fays. Le 128° RIF est seulement en liaison avec le 139° RIF.
Au petit jour du 18 juin, la CM1 est envoyée à Fontenoy afin d’assurer la protection du flanc droit du régiment et d’interdire le passage de la Moselle au niveau du Moulin. C’est cette unité qui aperçoit pour la première fois l’ennemi à Villey-Saint-Étienne et qui parvient à capturer un motocycliste allemand vers 10 heures. Une heure plus tard, une délégation de trois officiers allemands se présente devant la compagnie afin de lui proposer de déposer les armes. Ils sont conduits au poste de commandement du 42° CAF. Au même moment, un renseignement signale qu’une CHR du 139° RIF a été enlevée en forêt de Haye, au poste de Velaine. En conséquence, le Ier bataillon du 128e RIF reçoit immédiatement l’ordre de couvrir le flanc droit du régiment, face à l’est, entre Fontenoy et Velaine. Vers midi, l’ordre de bataille du régiment est entièrement modifié, le I/128° RIF passe sur la rive gauche de la Moselle, le second bataillon prend possession du fort de Gondreville, le III/128° RIF occupe Villey-le-Sec, tandis que le poste de commandement du régiment est déplacé à l’écluse du village éponyme. Mais à 21 heures, le régiment reçoit l’ordre de se porter plus au sud, dans la région de Barisey-la-Côte. Les fantassins reprennent une nouvelle fois la route dans la nuit du 18 au 19 juin. Dans la matinée du 19 juin, le I/128° RIF est mis à la disposition du corps d’armée colonial. Les II° et III° bataillons poursuivent donc seuls leur mouvement et se positionnent, le 20 juin, sur la ligne Colombey-les-Belles–Crépey. Le lendemain, les deux bataillons subissent un violent bombardement de minenwerfer, sans toutefois être attaqués par l’infanterie ennemie. Au cours de cette journée, le lieutenant-colonel ROULIN et le colonel commandant la 6° DI étudient un projet de percée, qui n'est finalement pas exécuté. En effet, le 22 juin un armistice local est conclu et le 128° RIF reçoit l’ordre de déposer les armes sans avoir eu l’occasion de livrer un combat décisif. Il en est de même pour le I/128° RIF qui, séparé du reste du régiment, doit lui aussi se rendre sur ordre le 21 juin près de Forcelles-Saint-Gorgon. Avant la capture du régiment, le drapeau est découpé et chaque officier en reçoit un morceau.
De leur côté, les ouvrages désormais isolés doivent assurer seuls la défense du sous-secteur d'Aumetz. Face à un encerclement désormais plus que probable, le lieutenant BRAUN prend immédiatement l’initiative de renforcer la défense de son ouvrage dès le départ des troupes d’intervalle. Il fait installer des chevaux de frise sur la route reliant l’enceinte à l’entrée de l’ouvrage et prépare des barrages défensifs dans les galeries inférieures. En prévision d’un siège prolongé, des munitions sont également prélevées par les équipages dans les blockhaus environnants. Jusqu’à la signature de l’armistice, le 25 juin 1940, certaines casemates sont régulièrement harcelées par l’infanterie allemande, provoquant les réactions de l’artillerie des ouvrages de Bréhain et de Rochonvillers, ainsi que de la tourelle de mitrailleuses de l’ouvrage d’Aumetz. Mais en dehors de ces tentatives de coups de main, le front demeure toutefois relativement calme. Conformément aux accords passés entre le chef de bataillon VANIER et la 161° ID, les équipages quittent leurs ouvrages et casemates le 27 juin 1940 à 5h30.
Initiale :
Compléments : Hugues SCHIBI
-34 N 129
-Hommes et histoire de la Ligne Maginot - Jean-Yves Mary, Alain HOHNADEL, Jacques Sicard - Tome 1
-Eric Klamerek