Une ligne surveillée est composée d'un poste d'extrémité alimenté installé à l'arrière de la ligne principale de résistance dans un endroit occupé en permanence (camp de sureté, casernement GRM...) et d'un poste d'extrémité non alimenté installé dans un avant-poste.
Entre ces deux postes d'extrémité peuvent être installés en supplément un ou deux postes intermédiaires. Ces postes sont eux aussi en place dans des avant-postes.
Le schéma ci-dessous donne le principe de l'installation de base constituée de deux postes d'extrémité à laquelle est ajouté un poste intermédiaire.
Le pole positif de la batterie est relié à la terre, ce qui n'est pas représenté sur le schéma ci-dessous.
Schéma de principe de l'installation L'ensemble des postes étant installés en parallèle sur la ligne, ils fonctionnent tous en même temps. C'est à dire que tous les postes sonnent simultanément en cas d'appel et que la conversation tenue est entendue sur tous les autres postes. Les postes téléphonique utilisés sont du type poste (PTT) 1910 à batterie locale (non représentée sur le schéma ci-dessus).
Les postes sont équipés d'un interrupteur d'alarme qui permet d'envoyer une alarme par sonnerie au poste voisin en cas de nécessité (CA).
La surveillance de la ligne est effectuée par la circulation d'un courant continu constant dans la boucle créée par la ligne. La rupture de la ligne, un court-circuit ou la mise à la terre de la ligne entraine déclenche une alarme au niveau des postes téléphoniques surveillés.
La sonnerie d'alarme d'un poste est coupée dès que le combiné téléphonique de ce poste est décroché.
En temps normal, il était prescrit d'effectuer un test quotidien du système. En cas de défaut (alarme), un sous-officier téléphoniste devait remonter la ligne afin de localiser la cause du défaut et remettre le système en état.
Les alarmes dues aux surtensions atmosphériques étaient fréquentes lors des orages et par nature de très courte durée.
Les schémas détaillés des matériels sont disponibles dans la partie documents de cette page
Ce poste est celui qui est installé à l'arrière et il alimente la ligne téléphonique en courant de repos.
Il est doté d'un ensemble batterie chargeur pour la génération du courant de repos et de piles 12V - 8Ah pour le circuit de la sonnerie d'alarme. L'ensemble batterie chargeur est constitué d'une batterie d'éléments accumulateurs au cadnium-nickel de 48 volts 8 Ah et d'un transformateur redresseur alimenté à partir du secteur.
Le chargeur est protégé par un relais thermique (BT) qui coupe le courant de charge en cas de surintensité et déclenche alors la sonnerie d'alarme au travers du relais RA.
Le courant nominal de boucle étant de 11 mA, l'autonomie sur batterie du système était très élevée.
L'équilibrage du courant de surveillance en fonction du nombre de postes intermédiaires et de la longueur de la ligne se fait en ajustant les résistances RR, la résistance de boucle optimale est de 2 900 ohms et doit être comprise entre 2 800 et 3 000 ohms en fonctionnellement normal.
Le relais différentiel RD permet la détection d'une surintensité sur le départ de la boucle en cas de court-circuit sur la ligne ou de mise à la terre de l'un des conducteurs, le relais RL la détection d'une sous intensité sur le retour de boucle (ouverture de ligne ou mise à la terre de l'un des conducteurs). Ces deux relais actionnent la sonnette d'alarme CS1 tant que le défaut persiste.
Le commutateur à deux positions CA permet le test du système ou la transmission d'une alarme vers les autres postes raccordés sur la ligne.
La ligne téléphonique est protégée contre les surtensions atmosphériques ou autres par des fusibles et des éclateurs permettant d'écouler le courant anormal vers la terre, ce qui entraine une alarme au travers des relais RD et RL
Poste d'extrémité alimenté
Les postes intermédiaires s’intercalent le cas échéant entre les deux postes d'extrémité, un maximum de deux postes intermédiaires peuvent être ajoutés à l’installation de base.
Ce type de poste est raccordé en dérivation sur la ligne téléphonique surveillée et une pile de 12 V alimente le circuit de la sonnerie d'alarme.
Ils sont dotés d'une sonnette CS2 qui est actionnée en cas de coupure de la ligne ou de mise à la terre de la ligne en aval du poste grâce au relais RL2.
Cette sonnette est aussi déclenchée en cas de coupure de l’alimentation ou si l'un des commutateurs CA du réseau est actionné (test ou alerte)
La ligne téléphonique est protégée contre les surtensions atmosphériques ou autres par des fusibles et des éclateurs permettant d'écouler le courant anormal vers la terre, ce qui entraine une alarme au niveau de tous les postes.
Poste d'extrémité non alimenté ou poste intermédiaire
Le poste d'extrémité non alimenté termine la ligne sur l'avant de la position. Il est raccordé à la ligne téléphonique surveillée et une pile de 12 V alimente le circuit de la sonnerie d'alarme.
Il est doté d'une sonnette CS3 qui est déclenchée en cas de coupure, de mise en court circuit ou à la terre de la ligne par le biais du relais à double enroulement RL3.
Cette sonnette est aussi déclenchée en cas de coupure de l’alimentation ou si l'un des commutateurs CA du réseau est actionné (test ou alerte)
La ligne téléphonique est protégée contre les surtensions atmosphériques ou autres par des fusibles et des éclateurs permettant d'écouler le courant anormal vers la terre, ce qui entraine une alarme au niveau de tous les postes.
Ce système a à priori été déployé sur tout le front Est. Le plan ci-dessous donne l'exemple des liaisons téléphoniques d'alerte reliant les avant-postes aux casernements arrières dans le secteur de la 1° brigade couvrant en partie les secteurs fortifiés de Boulay et de Faulquemont. On y distingue les lignes d'alerte surveillées et les lignes téléphoniques normales.
Aucun exemplaire ou photo de ce matériel n'est connu à ce jour
Déploiement du réseau d'alerte surveillé SFB SFHPascal Lambert
Aménagements de la ligne Maginot - OKH via NARA