La société Saint Chamond - Granat a été fondée suite à un contrat d’association signé les 14 et 16 avril 1923, officialisant la collaboration entre les établissements industriels de Saint Chamond et les activités de la maison Granat spécialisée dans la fabrication de dispositifs de télécommande et d’appareils mécaniques de précision. Cette association a donné naissance à la Société d'exploitation des établissements Saint Chamond - Granat entre 1927 et 1932.
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La création de Saint Chamond - Granat emporte la reprise des actifs, des brevets et des marchés de Granat et Cie par la nouvelle entité, en partenariat avec les établissements métallurgiques de Saint Chamond, spécialisés dans l'industrie métallurgique ayant entre autres produit des matériels ferroviaires, des canons et blindages ainsi que des pièces d'artillerie lourde sur voie ferrée et le char d'assaut Saint Chamond.
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Dans les années 1930, la société Saint Chamond - Granat s’est illustrée par la conception et la fabrication d’appareils de transmission d’ordres pour les chemins de fer, utilisés notamment dans la modernisation des installations de la gare de Paris-Lyon. Ces équipements, développés en collaboration avec les services techniques de la Compagnie PLM, ont permis d’améliorer la rapidité et la sécurité des opérations ferroviaires, témoignant du savoir-faire de l’entreprise dans la mécanique de précision et l’électromécanique. Elle produira aussi des jauges de niveau hydrauliques pour les barrages et retenues d'eau et bien d'autres systèmes de télé-information ou de précision.
Elle se distinguera coté militaire avec ses systèmes électromécaniques de transmission d'ordres, de télécommande ou de télépointage comme ceux destinés à la conduite centralisée du tir sur les navires de guerre.
Après la seconde guerre mondiale, Saint Chamond - Granat élargit son champ d’activité vers la boulonnerie et la visserie de haute précision, notamment pour l’industrie aéronautique, délaissant progressivement ses autres domaines de production. Dans les années 1970, l’entreprise devient une filiale de la Société Nationale Industrielle Aéro Spatiale (SNIAS) appartenant à l'état français et se spécialise dans la fabrication de fixations aéronautiques et d’éléments mécaniques destinés à l'aviation civile et militaire.
A partir de 1972 la société connaît des difficultés financières liées à la baisse d’activité du secteur aéronautique et à la diversification de la SNIAS, ce qui entraîne une réduction progressive des effectifs et une restructuration de la production.
En 1975, le chiffre d'affaires de la société est de 21,4 millions de francs pour une perte de 3,1 millions de francs, et en 1976, la SNIAS décide de céder les Établissements Saint Chamond - Granat à la société privée Générale de Forgeage et de Décolletage (G.F.D.), spécialisée dans la boulonnerie industrielle et automobile. Cette vente marque la fin de l’appartenance de l’entreprise au secteur public et s’accompagne de licenciements et d’une nouvelle orientation industrielle.
La société a poursuivi ses activités dans la visserie et la boulonnerie de précision, avec un siège social à Neuilly-sur-Seine et des ateliers à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), jusqu’à sa radiation définitive du registre du commerce en 1999.
Dans le cadre de l'équipement de la ligne Maginot, la société Saint Chamond - Granat a fourni après guerre des transmetteurs d'ordres permettant la communication entre les PC et les tourelles dans les blocs d’artillerie de la ligne Maginot ainsi que des systèmes de compensation de puissance réactive pour les usines électriques des gros ouvrages en collaboration avec SAFCO1.
Pascal Lambert
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