La 4° Légion de la Garde Républicaine Mobile (4° LGRM) est créée par la circulaire n°19147 du 13 mai 1929. Elle est affectée à la 20° Région militaire, et son état-major est stationné à Nancy, avec des pelotons cantonnés au fort de Frouard. En 1932, elle est commandée par le Col HURIET.(1)
La 8° Cie de la 4° Légion de Gardes Républicains Motorisés appartient au 5° groupe de la 4°LGRM, stationné dans le Bas-Rhin avant la guerre. Elle est placée sous le commandement du Cne DIDIOT.
En temps de paix, la compagnie est basée à Strasbourg et se compose de quatre pelotons, dont un motorisé, le PM 552. Elle sera déployée à la fin du mois d’août sur le secteur fortifié du Bas-Rhin.
Au 22 aout 1939, la compagnie est répartie comme suit :
PM 35 - Sous-secteur de Strasbourg - Slt DODEY
PM 37- Sous-secteur de Strasbourg - Lt ARNAUD
PM30- Sous-secteur de Strasbourg - LT RENEAUX
PM 552- Sous-secteur de Strasbourg - Slt LOMBARD
Le 22 août, en application de la mesure 10 du plan de mobilisation, les effectifs de la 8° Cie du Cne DIDIOT intègrent, en unité constituée, ceux du SFBR sous le commandement du Gal PICHON.
La 8° Cie, avec ses pelotons 30 et 37, est chargée de surveiller la frontière sur un secteur allant du village de Lembach et du pont du Tannenbruck jusqu’au pont du Germanshof.
Du 1er au 4 septembre 1939, elle participe à l’évacuation de la population de Strasbourg, ville située sur la frontière avec l’Allemagne. L’opération, menée en 36 heures, permet le déplacement de 120 000 Strasbourgeois vers la Dordogne et l'Indre.
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L’implication des deux compagnies leur vaut une citation collective de la part du général gouverneur de Strasbourg.
Contrairement aux autres unités des légions de garde mobile, la 8°Cie de la 4ᵉ Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) ne se replie pas en arrière de la zone de front.
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Durant la « Drôle de Guerre », ses effectifs sont chargés de la surveillance de Strasbourg, désormais dépeuplée et devenue une ville « fantôme », dans le but de prévenir tout pillage.
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À cette époque, la ville ne compte plus que 3 500 civils, principalement affectés à son entretien. La compagnie participe également à la protection des monuments de la ville. En février 1940, la réorganisation des légions de la Garde républicaine mobile entraîne une renumérotation des unités, impactant ainsi la structure organisationnelle:
La 8° Cie de la 4° LGRM devient la 6°Cie de la 20° LGRM
Le PM 30 devient le PM 14-20.
Le PM 30 devient le PM 14-20.
Le PM 35 devient le PM 15-20.
Le PM 37 devient le PM 16-20
Le PM 552 devient le PM 17-20.
À partir du 10 mai 1940, les éléments de la compagnie sont affectés aux patrouilles de surveillance aérienne.
Le 13 juin 1940, la 6° Cie se replie avec les troupes d’intervalles du secteur et se dirige vers Darney, dans les Vosges, où elle prend en charge la protection du poste de commandement (PC) de la 5° Armée.
Le 18 juin 1940, la compagnie est transférée à la 3° Armée du général Condé et participe aux combats menés par cette dernière.
Du 18 au 19 juin, les missions de la compagnie sont les suivantes :
PM 14-20 assure la défense du pont de la Moselle à Remiremont, en coordination avec le dépôt de cavalerie 40 du Col Isch.
PM 16-20 est chargé du maintien de l’ordre et de la défense de la ville de Rambervillers.
PM 15-20 et PM 17/20 participent à la défense et au maintien de l’ordre à Saint-Dié-des-Vosges.
PM 15-20 prend position à la gare de Vanémont pour interdire aux Allemands l’accès à la route Corcieux-Biffontaine.
Le 20 juin, tous les pelotons de la 6°Cie reçoivent l’ordre de prendre en charge la protection du poste de commandement (PC) du Gal CONDE, installé à Biffontaine.
Le 21 juin, le flux des troupes françaises passant par Saint-Dié augmente considérablement.
Le Gal RICHTER, directeur des Étapes, demande le retour des pelotons motorisés (PM) 14/20 et 17/20 pour y assurer le maintien de l’ordre.
À 13h30, les pelotons 15/20 et 16/20, restés en position défensive à Vanémont, sont attaqués par les troupes allemandes. Après un bref combat, ces pelotons sont dispersés, et la majorité de leurs effectifs sont faits prisonniers. Au cours de l’affrontement, le garde Valentin perd la vie.
Le 22 juin, les Allemands capturent également les pelotons 14-20 et 17-20 stationnés à Saint-Dié. Cependant, ces derniers parviennent à éviter leur transfert vers un camp de prisonniers et prennent en charge le maintien de l’ordre dans le secteur, en remplacement de la gendarmerie locale qui s’est repliée.
Ils assurent cette mission jusqu’au 2 août, date à laquelle les derniers éléments libres de la 8° Cie sont regroupés à Paris.
1) www.aladr.free.fr
2) Rapport du Lt DODEY du 08 du 21 juillet 1941, SHD 34N11212
3) Ordre Général n°85 5°Armée du 25 février 1940 Gal BOURRET, SHD 34 N 1122
Service historique de la défense - 34 N 1121
www.garde.rep.mobile.57.free.fr
lecahiertoulousain.free.fr
Forcepublique, Revue de la SNHPG
www.tenuebleugendarme.free.fr
www.tenue31.fr
Le financement du casernement des formations mobiles de la gendarmerie entre 1921 et 1939 | SNHPG
La Gendarmerie Mobile, Colonel FRANQUE, Revue Historique de l’Armée n° 185 1991
Yann Galera (aspirant), La Garde républicaine mobile à l’épreuve du 6 février 1934, Maisons-Alfort, SHGN, 2003, 189 p.
Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherche, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, p. 64.
Georges Philippot (général), « D’une militarité de statut à une militarité d’emploi », conférence du 6 avril 2004, Paris IV, dans le cadre du séminaire « Gendarmerie, identité nationale et régulation sociale ».
Besson (général), Pierre Rosière, Gendarmerie nationale, Paris, Xavier Richer, 1982, pp. 240-241.
Note de l’EMA n° 358 1/EMA, 1er bureau, Paris, 7 septembre 1939, sur la répartition et regroupement des effectifs de la GRM, SHD-DAT, 7 N 2463.
Besson (général), Encyclopédie de la gendarmerie, volume 2, SPE-Barthelemy, 2005, p. 60.
Historique du 4e groupe de la 7e légion de la GRM, n° 692, du 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Historique du 4e groupe de la 7e légion de la GRM, n° 692, 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport n° 466, du capitaine Coulin, sur l’utilisation de la 3e compagnie de la 7e légion de la GRM comme unité combattante au cours de la guerre 1939-1940, Pontoise, le 7 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport du Capitaine Ventrillard, ex-commandant de la 11e compagnie de la 4e légion de la GRM, sur l’emploi de cette unité (1939-1940), 23 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport de l’adjudant Zingraff sur les opérations auxquelles il a participé avec la 3e compagnie de la 7e légion de GRM, Vichy, 20 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Historique de la 11e légion de la GRM, (1936-1949), SHD-DGN, 6 doc. 99.
Frédéric Guelton (lieutenant-colonel), « La bataille des Alpes », dans La campagne de 1940, op. cit., pp. 221- 239.
Philipe Masson, Précis d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Paris, Tallandier, 1992, p. 34.
Emmanuel HORNY