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1° Bataillon de Mitrailleurs

(1° BM)






Le premier Bataillon de Mitrailleurs est une unité d'infanterie affectée organiquement au secteur fortifié de Maubeuge

Plus d'info sur les bataillons de mitrailleurs

1° Bataillon de mitrailleurs - Insigne Insigne du 1° bataillon de mitrailleurs




La mobilisation

Le 1° bataillon de mitrailleurs est mis sur pied par le CMI 11 à Dunkerque le 27 août 1939. Il est commandé par le chef de bataillon Robert Kriner.
C’est une unité de série A, es hommes sont issus majoritairement des classes 1933-1934. Lors de leur service actif, ils étaient déjà mitrailleurs au sein des 1° RI (Cambrai), 43° RI (Lille) et 110° RI (Dunkerque).

Les sous-officiers proviennent pour la plupart des pelotons dissous de gardes mobiles de Boulogne sur Mer et de Dunkerque.

Les compagnies sont cantonnées en divers quartiers de Rosendaël (agglomération de Dunkerque). C’est une unité de type hippomobile dont les véhicules hippomobiles ainsi qu’automobiles et les chevaux sont issus de la réquisition. Dans la nuit du 2 septembre, le bataillon est embarqué à Dunkerque pour rejoindre Bavay (secteur postal 32), près de la frontière belge.



Encadrement au 15 octobre 1940

Etat Major

CB KRINER (A)
Cne VANBLEUS – capitaine adjoint
Lt VOIRGARD – transmission et section commandement
Lt SEILLIER – renseignements
Lt MOISAN – officier Z
Lt PAUCHET – officier de détails
Lt LEDIEU – pionnier
Lt DELBARRE – chef du groupe d’éclaireurs motocycliste
Lt BRIFFAUT - médecin


1° compagnie de mitrailleuses

Cne VALLEE (A)
Lt FOURNIER - chef de section
Lt LECAT- chef de section
Lt LEFEBVRE - chef de section


2° compagnie de mitrailleuses

Cne CROZAFON (A)
Lt LEVAS - chef de section
Lt PONGITORE- chef de section
SLt DESMULLIEZ - chef de section
3° compagnie de mitrailleuses
Cne TRUCHOT (A)
Lt DEGORRE - chef de section
Lt SELAMME - chef de section
Lt ARNOUTS - chef de section


CEFV

Cne JACQUOT (A)
Lt GOOLEN - chef de section
Lt FLODROPS - chef de section
Lt BERARD- chef de section
Lt LEMAIRE - chef de section
Lt DASSONNEVILLE - chef de section


CHR

Cne THELLIER
Lt LABRIFFE – approvisionnement



Historique du bataillon

La drôle de guerre


Le 1° BM est implanté est affecté au Secteur fortifié de Maubeuge, et plus précisément mis à la disposition du 87° RIF.

les cantonnements au 4 septembre 1939 sont les suivants:


  • Etat-major, CHR, Compagnie d'engins et CEFV : Bavay.

  • CM1 : Preux-au-Sart.

  • CM2 : Louvignies.

  • CM3 : Malplaquet.


Peu après, les CM1 et CM3 rejoignaient Bavay et plus tard, les cantonnements changent :


  • EM : château Rametz à Saint Waast.

  • CHR : dans une usine abandonnée à 1 km de Bavay vers Saint Waast.

  • CEFV : au hameau dit "Le Pissotiau".

  • CM1 : Saint Waast.

  • CM2 : Buvignies.

  • CM3 : Saint Waast.


Le 1° BM est mis à la disposition de la 82° DIA. Au départ de la 82° DINA, le bataillon passe sous la responsabilité de la 1° Division Marocaine. En mai 1940, le 1° bataillon de mitrailleurs est affecté à la 5° DINA (14° Zouaves, 24° RTT et 6° RTM).


Les combats

10 mai 1940
A la fin de l'après-midi, le bataillon est embarqué dans deux trains, l'un en gare de Bavay, l'autre en gare de Saint Waast la Vallée (station de la Flamengrie). Il doit participer à la défense de Namur en Belgique, conformément au plan communiqué en avril 1940 au commandant du bataillon par l’État-major du 5° Corps d'Armée

11 mai 1940
Par Maubeuge et Charleroi, les trains s’acheminent, dans la nuit du 10 au 11 mai, vers Namur. Le 11, en début de matinée, les trains arrivent à destination, l’un à Floreffe, l’autre à Flawinne, à l’ouest de Namur. Débarqué, le bataillon s’établit en situation défensive dans un secteur compris entre Emines et le fort de Daussoulx, derrière des barrières Cointet qui constituent une barrière antichars, et entre les blocs occupés par les troupes de forteresse belges. Quelques avant-postes sont installés en avant des barrières Cointet.

12-13-14 mai 1940
Pendant ces journées, les mitrailleurs du 1° BM travaillent à l’organisation de la position. Il est à signaler quelques bombardements par avions, qui ne causent aucune perte.

15 mai 1940
Dans la matinée, le bataillon doit abandonner la position et se replier plus au sud, vers Flawinne. Au moment du décrochage de la CM 2, des coups de feu de mitraillette sont tirés depuis le village d’Emines. Vers 17h00, le bataillon, au complet, est regroupé à Flawinne. Vers 19h00, avant de prendre position, il reçoit l’ordre de se replier sur les Hauts-Bois à Jemeppe sur Sambre; et se met en route à 20h00.

16 mai 1940
Le bataillon atteint les Hauts-Bois vers 4h00. Un nouvel ordre lui prescrit de reprendre sa marche vers 9h00 sur Lambusart. Vers 12h00, le bataillon est rassemblé dans les bois au sud-ouest de Lambusart. Il est mis à la disposition du 6e RTM avec pour mission d’interdire à l’ennemi les accès à la gare de Lambusart, le débouché des lisières ouest de la localité, ainsi que celui des lisières sud et est des bois.

17 mai 1940
Vers 8h00, la section Fournier de la CM1, installée sur un chemin descendant de Lambusart vers Farciennes, essuie des coups de feu ennemis. Le chef de bataillon, voulant se rendre personnellement compte de la situation, est mitraillé de la fenêtre d’une maison située dans la rue principale du village, menant à l’église. Indemne, il peut apercevoir des Allemands qui investissent la localité.
Pendant ce temps, vers 8h00, arrive au bataillon l’ordre écrit de repli. Le décrochage se déroule sans pertes, sous la protection de la CM3 du capitaine Truchot. Un peloton d’AMC, demandé et dirigé par le commandant du bataillon aide ensuite le repli de la CM3.

En début de l’après-midi, après avoir contourné Charleroi par le nord et passé à Roux le canal de Charleroi à Bruxelles, le 1° BM est rassemblé à Fontaine-l’Evêque (à l’ouest de Charleroi). A 23h00, il se remet en route pour rejoindre Givry. La marche de nuit est longue et pénible, guidée par des estafettes motocyclistes. Binche est traversée aux premières lueurs du jour et le 18 mai, vers 10h00, Givry, sur la frontière franco-belge, est atteint.

18 mai 1940
Conformément aux ordres donnés par le colonel Galtier, commandant le 14° Zouaves, le 1° BM doit s’établir défensivement, face au nord, sur la route Givry – Rouveroy.

19 mai 1940
A midi, le bataillon est relevé sur sa position par des éléments du 14° Zouaves. Il doit réaliser trois points d’appui autour de Quevy le Grand et de préparer la continuation du repli qui s’effectuera dans la nuit dans la direction de Bavay.

20 mai 1940
Le 20 mai, à 0h00, le bataillon se met en marche. Par la route Binche – Bavay, il atteint le Bois de la Lanière. Il est alors détourné de sa destination pour rejoindre Curgies par Hon – Bellignies – Gussignies – Roisin – Sebourg. L’étape est réalisée sans incident et vers 10h00, le bataillon s’installe défensivement au nord de Curgies, derrière la voie ferrée.

Les positions sont à peine reconnues que le commandant du bataillon reçoit l’ordre du commandant du 14° Zouaves de gagner au plus tôt Valenciennes, via le pont sur le chemin de fer et l’Escaut. Au niveau du pont de Valenciennes, le bataillon est dirigé vers la forêt de Vicoigne, où le commandant du bataillon doit contacter l’état-major de la 5° DINA installé à Denain. Vers 13h00, le 1° BM est disséminé dans la forêt et camouflé aux vues de l’aviation ennemie.
Néanmoins, il subit des attaques aériennes occasionnant 17 tués et blessés.

Le commandant du bataillon reçoit l’ordre de la 5° DINA de rejoindre le bois de Flines. Le mouvement commence à 21h00 via Hasnon – Warlaing – Marchiennes – Cattelet.

21 mai 1940
Vers 5h00, le bataillon arrive à Flines-lez-Raches. Depuis le départ de Lambusart le 17 mai, le bataillon a parcouru 120 kilomètres.

22 mai 1940
Le bataillon est au repos les journées du 21 et du 22 mai dans les bois de Flines sous la protection de la DCA anglaise.

23 mai 1940
Le repli continue et le bataillon doit se porter la région de Noyelles-Bellonne. Le mouvement commence à 8h00 via Raches – Waziers – Sin-le-Noble – Férin où il stationne quelques temps dans les bois marécageux. A midi, il arrive à destination et s’établit défensivement face au sud, en soutien des éléments du 14e Zouaves avec la mission d’interdire tout débouché ennemi dans la région des marais de Tortequenne. Un fort bombardement fait quelques blessés à la CM 1.

24 mai 1940
Au matin, le 1° BM doit remonter vers le nord, de repasser le canal sur le pont de Férin pour interdire aux Allemands le passage du canal, d’une position défensive comprise entre Férin-le-Moulinet et Cantin. L’installation est effective à 12h00 avec le poste de commandement installé à Goelzin.

25 mai 1940
Renforcé avec des éléments du 14° Zouaves, le 1° BM, repousse au cours de la journée toute tentative de reconnaissance ennemie en direction du canal. Vers 8h00, le capitaine Vallée, accompagné du lieutenant Fournier (CM1), lors d’une reconnaissance de la défense du pont de Férin, est tué d’un obus tiré vraisemblablement d’un char léger dissimulé sur la route de Gouy à Férin. Le commandement de la CM1 revient alors au lieutenant Fournier. Durant la nuit, les hommes du bataillon interdisent à l’ennemi l’accès au canal et toute possibilité de jeter des passerelles en amont et en aval du pont de Férin détruit.

26 mai 1940
Le bataillon reste sur ses positions, même si la pression ennemie augmente. Un vif combat s’engage l’après-midi au niveau du canal devant Cantin. A 23h00, conformément aux ordres, le 1° BM se replie vers le nord. Passant par Sin-le-Noble, il s’engage sur la route de Waziers sur laquelle à hauteur du cimetière de Douai, les Allemands exécutent des tirs de harcèlement. Traversant Roost-Moncheaux-Thumeries, il gagne Wahagnies.

27 mai 1940
Le bataillon rejoint Wahagnies vers 7h00. Le Colonel Oger, Commandant l’ID de la 5° DINA, convoque le chef de bataillon Kriner et lui prescrit d’établir son unité sur un front aussi étendu que possible de manière à libérer un bataillon du 14e Zouaves qui doit accomplir une autre mission. Il s’agit pour le 1° BM d’interdire le débouché à l’ennemi des bois de Libercourt et d’Ostricourt jusqu’à la nuit, à une heure qui serait fixée ultérieurement et de manière à couvrir la retraite d’éléments importants de la 1° Armée qui doivent passer la Deule et la Lys. Une fois la mission terminée, le 1° BM doit se replier en direction de Bailleul, traversant la Lys à Estaires.

Vers 13h00, les Allemands essayent de déboucher des bois d’Ostricourt et de Libercourt et accentuent leur pression toute l’après-midi, repoussés par les tirs du bataillon. Vers 18h00, le commandant Kriner, accompagné de son capitaine adjoint, exécute une reconnaissance pour placer les trois canons de 25 du bataillon, de manière à interdire à des engins blindés de déboucher sur la route de Thumeries. Il reçoit une balle de mitrailleuse allemande qui lui fracasse le bras. Il est évacué après avoir donné le commandement du bataillon au capitaine Jacquot.

28 mai 1940
A 1h30 le bataillon quitte Wahagnies. Il rejoint Seclin vers 5h30 et s’y établit défensivement face au sud, entre la gare (inclus) et la tête du canal (affluent du canal de la Deule). Vers 7h00, la CM1 subit une attaque aérienne, le lieutenant Fournier est gravement blessé et immédiatement évacué. Le lieutenant Lecat prend le commandement de l’unité.

Vers 9h00, la CM1 est attaquée. Elle résiste, mais devant la supériorité numérique de l’adversaire, deux sections de zouaves lui sont envoyées en renfort. Peu après, les deux autres compagnies du bataillon sont aussi engagées par l’ennemi venu du sud. Elles sont aussi renforcées avec des sections de voltigeurs. L’ennemi progresse et parvient à pénétrer dans la localité, interdisant le passage aux carrefours et aux rues principales. Le bataillon est voisin d’un bataillon du 106° RI (12° DI). Sur ordre du colonel commandant le 106° RI (12° DI), le repli est décidé. Le 1° BM doit partir avec le 106° RI, passant par Houplin, il doit se présenter à Noyelles à 12h 30 et de là gagner Haubourdin où de nouveaux ordres lui seront donnés. Le 3° Bataillon du 14° Zouaves doit suivre 40 minutes après.

Vers 11h30, la CM1, fortement accrochée et menacée d’encerclement, se replie de la gare. Vers 11h45, une reconnaissance commandée par le lieutenant Moisan rend compte que le bataillon du 106e RI se trouvant à la droite du 1° BM est bousculé et que la route d’Houplin est coupée. Le commandant le III/14° Zouaves donne l’ordre au commandant du 1° BM d’ouvrir un chemin vers Noyelles tandis que lui-même assurera le dégagement des éléments dans Seclin.
Longeant les lisières ouest de Seclin, un groupement d’avant-garde formé avec les hommes de l’état-major du bataillon et la section FV de la CM1, suivi du gros du bataillon, parvient à atteindre la route conduisant à Noyelles. Mais, à hauteur de l’ancienne batterie, l’avant-garde du bataillon est prise sous le tir d’armes automatiques venant du sud.
Devant l’impossibilité de gagner Noyelles, le gros du bataillon, représentant environ 250 hommes avec 9 officiers, une vingtaine de pièces, un canon de 25 et un mortier, sous la protection de l’avant-garde, prend alors la route de Wattignies, à l’abri des coups. L’avant-garde réussit ensuite à se dégager et à atteindre Wattignies vers 15h00. Passant par Emmerin, elle atteint Haubourdin, mais sans y trouver le gros du 1° BM, qui a gagné le sud de Lille puis Loos, où il est capturé. A Seclin, cette journée, le bataillon perd une centaine d’hommes.

29 mai 1940
La nuit du 28 au 29 mai se passe dans Haubourdin pour les rescapés de l’avant garde. Les 70 hommes sont mis à la disposition du 14° Zouaves, puis à la disposition du capitaine Defarges, commandant un groupement du 4° R.I. (15° DI). Ils s’établissent défensivement formant avec des éléments du 4° RI un point d’appui dans l’orphelinat Saint Augustin d’Haubourdin et exécutent des tirs à longue distance sur les troupes allemandes qui défilent d’Emmerin vers Loos.

30 mai 1940
L’ennemi qui, pendant la nuit, avait réussi à s’approcher, harcèle toute la journée l’orphelinat. Dans la matinée, le capitaine Jacquot, commandant provisoire du bataillon, est blessé au cours d’une reconnaissance aux abords du cimetière d’Haubourdin. Le commandement revient alors au capitaine adjoint Vanbleus.

31 mai 1940
La résistance continue. Des rafales d'armes automatiques éclatent, et des tirs d’obus s’abattent autour du point d'appui. Les munitions s'épuisent et il faut prélever une corvée pour aller en chercher. Puis une explosion ébranle le bâtiment qui prend feu. La garnison évacue le bâtiment et se réfugie 200 mètres en arrière.
Vers 20h30 retentit la sonnerie de « Cessez le feu », les combats sont terminés pour le 1° BM.







Rédaction :

Rémy Scherrer





Sources :

Le 1° bataillon de mitrailleurs par Gilles Mehay (Symboles et Traditions n° 231).
Journal de marche du 1° BM.




Secteur(s) concerné(s) :SFMA




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