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13° LGRM- 6° Cie - PM 259

(GRM)






Origine

La 6° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) est créée le 1er janvier 1931. En 1933, elle installe au quartier Savary de Vouziers sa 12° compagnie, formée à partir des anciens pelotons de la 7° compagnie de la 7° LGRM, à savoir les pelotons 257, 259 et 261. (1)

Ancienne caserne du 3° Cuirassiers, qui l’occupe jusqu’en 1914, le quartier Savary est vendu après l’occupation prussienne à Monsieur Batte. L’État, projetant d’y implanter une compagnie de Gardes Républicains Mobiles, rachète les bâtiments en 1931. La Chefferie de Reims entreprend alors les aménagements nécessaires pour accueillir les cavaliers de la Garde Mobile et leurs familles. (1)


Comme ces homologues stationnées à la frontière , la compagnie GRM de Vouziers participe à de nombreuses opérations de maintien de l’ordre, notamment dans le nord de la France lors des grèves industrielles et minières, à la frontière espagnole, ainsi que pendant les événements sociaux de 1936 à Paris (1).

Les pelotons sont également mobilisés pour des missions de surveillance des frontières, en mars 1935, à la suite du rétablissement du service militaire en Allemagne, puis en 1936, après la réoccupation de la Rhénanie et en 1938 lors des événements de Munich. Durant ces périodes de tension, ils sont déployés le long de la frontière et logés chez l’habitant, illustrant ainsi leur rôle essentiel dans la vigilance et la défense du territoire (1).

Le 1er avril 1938, la 13°LGRM est crée à partir des compagnies de la 6°LGRM. La compagnie stationnée à Vouziers devient la 6°Cie de la 13°LGRM. (3)

Sous le commandement du Cne COUMES, elle compte trois pelotons à cheval (3):

  • PM 257

  • PM 259 – Lt GOY puis Lt AUROUSSEAU en décembre 1939

  • PM 261



Août 1939 à avril 1940 :

Le 23 août 1939, la compagnie de Vouziers est mise sur pied de guerre et rejoint la zone frontière. Sa mission consiste à appliquer la mesure de « surveillance et fermeture de la frontière ». Les unités se déploient dans le sous-secteur de la Tête de Pont de Montmédy. (1-3)


  • Le PM 269 occupe le quartier de La Marche, entre Auflance et Margut.

  • Le PM 261 prend position dans le quartier d’Herbeuval, couvrant un secteur allant de Thonne-la-Long-les-Prés à Écouviez, sur le quartier de Montmédy.

  • Le PM 257 se déploie sur un secteur compris entre Auflance et Thonne-la-Long./li>


Outre leurs missions de surveillance, ils ont également pour tâche d’activer, en cas d’attaque, les dispositifs de mise à feu des mines prévus aux emplacements suivants

MARGUT

En charge des dispositifs de mine permanents :



SAPOGNE SUR MARCHE

En charge des dispositifs de mine permanents :


AUFLANCHE

En charge des dispositifs de mine permanents:


Chaque poste de surveillance est tenu par six à sept gardes mobiles, assistés de trois à quatre douaniers.
La surveillance aux postes-frontières et aux points de contrôle impose que toute personne — civile ou militaire — circulant en avant de la ligne de fermeture présente ses papiers d’identité.

En cas de présentation d’un laissez-passer, l’itinéraire indiqué doit être scrupuleusement vérifié ; en cas de doute, l’individu est dirigé vers le poste d’examen du secteur.

Les postes disposent également d’une liste nominative des personnes autorisées à franchir la frontière.(1)

Lors du déploiement des trois pelotons, les chevaux sont convoyés par train : embarquement au quai militaire de Vrizy-Vandy, situé à cinq kilomètres de Vouziers, puis débarquement à Montmédy et stationnement à Lamouilly-sur-Meuse. (1)
En décembre 1939, certains gardes et gradés de la compagnie sont détachés au 13° Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA), parmi lesquels le LT GOY (2)


Janvier 1940-Juin 1940 :

Durant les premiers mois de la guerre, le Secteur Fortifié de Montmédy connaît de nombreux réaménagements. Sa structure définitive en quatre quartiers n’est arrêtée que le 16 février 1940, sous le commandement du Gal BURTAIRE . (5)

Les pelotons de la compagnie assurent la surveillance de leur secteur, en appui des unités d’infanterie déployées dans la zone : les 147° , 136° , 155° et 132° régiments d’infanterie de forteresse (RIF). (5)

Le 1er février 1940, et pour une durée d’environ quinze jours, la 6° compagnie devient la 9° compagnie de la 13° LGRM. Le 15 février, une refonte générale des Légions de Gardes Mobiles est mise en œuvre. À cette occasion, l’ancienne 6° compagnie de la 13° LGRM est intégrée à la 10° compagnie de la 1°LGRM. (3)

Les pelotons motorisés voient également leur numérotation modifiée :


  • le PM 257 devient PM 25/01,

  • le PM 259 devient PM 26/01,

  • le PM 261 devient PM 27/01.




L’ex-6° compagnie de Vouziers est alors rattachée au 3° groupe de la nouvelle 1ʳ° Légion de Garde Républicaine Mobile, placée sous le commandement du Cba Barriot, dont le poste de commandement est établi à Charleville, quartier Dubois-Crancé. (4)

Les chevaux des trois pelotons sont versés à la cavalerie, tandis que les unités deviennent motorisées et perçoivent neuf motos Harley-Davidson destinées aux missions d’estafettes. (1)


Mai-juin 1940 :

L’alerte est donnée à 5 h 20, lors de l’entrée des troupes allemandes en Belgique. En réaction, les 2° et 5° Divisions Légères de Cavalerie (DLC) de la 2° Armée, ainsi que la 1° Brigade de Cavalerie (BC), pénètrent à leur tour en territoire belge afin d’établir une ligne de défense : (4)


  • Signeulx – Étalle – Neufchâteau pour la 2° DLC,

  • Neufchâteau – Saint-Hubert pour la 5° DLC.


Pendant que d’intenses bombardements frappent le secteur ouest, notamment Sedan, la 2° DLC se heurte de plein fouet à la 10° Panzerdivision avant d’atteindre ses positions prévues. Plus au nord, la 5° DLC et la 1° BC affrontent le XIX° corps motorisé du Gal GUDERIAN (1ʳ° et 2° Panzerdivisions), appartenant au Panzergruppe Kleist, ralenti par la résistance héroïque des Chasseurs ardennais belges.

(4)


S’engage alors un combat de retardement inégal, durant lequel les troupes françaises et belges se replient, procédant à la destruction systématique des ponts.

L’ex peloton motorisé 257, stationné à Thonne-le-Thil, défend ses positions lors de l’arrivée des troupes allemandes. Il parvient à se dégager à coups de grenades, puis se replie vers le pont de la localité. Il rejoint ensuite, avec le PM 261, l’état-major de la 2° Armée, participant aux côtés du général Dubuisson à la couverture du repli des troupes françaises. (1)

Le PM 259, commandé par le Lt GOY reste quelque temps à Montmédy afin d’éviter le pillage par les unités en retraite, avant de rejoindre à son tour les deux autres pelotons de l’ex 6° compagnie au sein de l’état-major de la 2° Armée. (2)

La 2° Armée confie alors aux gardes motocyclistes des missions de reconnaissance destinées à repérer les positions ennemies.

Le 21 juin 1940, la compagnie est faite prisonnière dans un bois situé à une dizaine de kilomètres de Vézelise. Une partie des gardes est envoyée en captivité au Stalag XII A de Staffel, près de Coblence. (1)

Seul le PM 259, capturé par des troupes autrichiennes, bénéficie d’un traitement plus clément : ses hommes, comme les gendarmes qui les accompagnaient, sont rapidement libérés et parviennent à rejoindre Toulouse. (1)

Cette différence de traitement s’explique par la méfiance des troupes allemandes, qui se méprenaient sur les gardes républicains, en raison de leur tenue kaki et de leur appartenance à un corps militaire professionnel. Les soldats allemands les surnommaient alors les « gendarmes poum-poum ». (1)

Les gardes mariés seront finalement libérés en mai 1941.


Source :

1) La Garde Républicaine Mobile, Michel MEISSNER, Terres Ardennaises, Hors Série Avril 2004
2) Rapport du Lt GOY du 12 août 1941, SHD SHD 34 N 1121février 2001
3) Note du Gal ROTON du 03 février 1940 sur la réorganisation des GRM SHD 34 N 11212
4) JMO du 3° Groupe de la 1° LGRM, Cba BARRIOT du 20 juillet 1940 SHD 34 N 11212
5) Ligne Maginot - Secteur Fortifié de Montmedy





Rédaction :

Emmanuel HORNY




Secteur(s) concerné(s) :SFMO




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