Le 44° Groupe de Reconnaissance de Région Fortifiée (GRRF) est mis sur pied de guerre le 28 août 1939. Il est constitué à partir du 4° escadron du 30° régiment de Dragons et du Centre de Mobilisation de la cavalerie (CMC) n°26 de Metz. (1)
Les Groupes de Reconnaissance étaient des unités de cavalerie françaises, détachées auprès des divisions d’infanterie (GRDI) ou des groupes d’armées (GRCA), afin d’assurer leur mission d’éclairage. (2)
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Affecté à la Région Fortifiée de Metz, le 44° GRRF forme, avec le 45° GRRF et le 46° GRRF (rattaché à la Région Fortifiée de la Lauter), l’ensemble des trois groupes de reconnaissance spécifiquement affectés aux régions fortifiées.
Les missions confiées au Groupe de Reconnaissance se divisent en quatre objectifs :
la recherche du renseignement,
la prise de contact avec l’ennemi,
la sûreté,
le renforcement.
Le 44° GRRF est de type “normal” et se compose d’:
un escadron hippomobile (à cheval),
un escadron de motocyclistes,
un escadron de mitrailleuses et d’engins,
un escadron hors-rang (HR).
Etat-major et peloton de commandement :
Chef de Corps : Cba de VASSELOT DE REGNE
Officier adjoint : Cne FERRAND (S-Lt CAZENAVE)
Renseignements : Cne SELLIERES
Transmissions : SLt BROUDOUX
Adjoint au Commandant : Slt CAZENAVE
Escadron à cheval :
Cdt escadron : Cne TREVELOT DE TREVALOT
1° peloton : Lt DESRIPPES
2° peloton : Slt THOMASSIN
3° peloton : Lt MUHLTHALER (mort le 13 mai 1940 à Haute-Kontz)
4° peloton : SLt DE LA ROCHEBROCHARD
Escadron motocycliste et AMD
Cdt escadron : Cne DE GUY
1° peloton : Lt CORPECHOT
2° peloton : SLt BRIDEN
3° peloton : SLt PLOTON
4° peloton : Aspirant BREANT
Peloton AMD (3 automitrailleuses White TBC) : SLt BIRDEN
Escadron de mitrailleuses et canons AC
Cdt escadron : Cne DAUCHEZ
1° peloton de mitrailleuses : SLt HEBERT
2° peloton de mitrailleuses : Lt VIGNAL
Chef peloton de canons de 25 : Lt TELLIER
Escadron Hors Rang (EHR)
Cdt escadron : Cne TOUBEAU de MAISONNEUVE
Lt RIQUIER
Lt LAINE
Lt NAPEGHI
Chef service auto : Aspirant FAURES
Santé : médecin lieutenant GRADIER
Moyens Matériels : (4)
33 véhicules légers
31 camionnettes
17 camions de – de 5t
1 camion de + de 1t
4 cuisines roulantes
2 véhicules sanitaires
26 side-cars
70 motos
3 AMD
245 chevaux de selle et 16 chevaux d’attelage.
Dans la nuit du 22 au 23 août 1939 (11), le 4° escadron du 30° Dragons quitte Metz pour stationner à Téterchen, avec pour mission de se positionner en barrage à la frontière sarroise. Il constitue l’échelon « A » du 44° GRRF, dont la formation débute le 28 août. À partir de cette date, ses effectifs sont progressivement renforcés par l’échelon « B », comprenant l’escadron motocycliste, l’escadron de mitrailleuses et de canons, ainsi que divers éléments issus de la réserve. (3)
Le 7 septembre, sous le commandement du Cba VASSELOT DE REGNE le groupe de reconnaissance lance ses premières patrouilles dans le secteur d’Ittesdorf. N’ayant rencontré aucune opposition immédiate à la frontière, l’une des patrouilles est néanmoins décimée par des mines et par des nids de mitrailleuses intégrés au système défensif. (3)
Le 8 septembre au soir, le groupement change de position et cantonne à Falck, plus proche de la frontière. Ce cantonnement restera le sien jusqu’au 4 octobre 1939. (3)
Jusqu’au 26 septembre, le 44° GRRF assure des missions de patrouille dans le secteur fortifié de Boulay. À cette date, il reçoit l’ordre d’occuper les avant-postes de la région des Hauts de Kontz, dans le secteur fortifié de Thionville, en relève partielle des gardes mobiles des 6° et 7° compagnies de la 7° LGRM. (3)
Durant les quinze jours passés dans ce secteur, les journées se déroulent dans un calme relatif, les hommes du 44° GRRF participant aux travaux de renforcement de la ligne de défense, tandis que les nuits sont consacrées aux patrouilles (3)
À la mi-octobre, le 44° GRRF relève le 37° GR et prend position dans le secteur de Rémling, près de la maison forestière de Forgeville à Halstroff. Depuis cette période, les Allemands occupent les crêtes dominant le village de Launstroff et renforcent leurs positions.
L’activité du 44° GRRF est alors rythmée par des observations de jour et des patrouilles de nuit, souvent marquées par des escarmouches au cours de l’automne 1939. Le 8 novembre, lors d’une incursion ennemie, l’unité subit la perte d’un sous-officier tué, trois blessés et un soldat fait prisonnier, emmené dans les lignes allemandes. (3)
Le 20 novembre, le 44° GRRF regagne sa caserne au Quartier Roques de Metz où il est mis au repos jusqu’au 1er décembre. (3)
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Les premiers mois d’activité du 44° GRRF ont mis en évidence ses capacités opérationnelles et le professionnalisme de ses effectifs. Toutefois, comme de nombreuses unités françaises, il rencontre d’importantes difficultés liées à son matériel roulant. Le déficit en tonnage des véhicules atteint 31 tonnes. (4)
Si les véhicules de liaison sont présents en nombre suffisant et de qualité correcte, les camionnettes issues de la réquisition sont pour la plupart usées et de modèles anciens. La mobilité reste assurée sur route, mais cette situation devient gênante en opération, notamment pour l’escadron motocycliste, dont les quatre pelotons devraient être équipés de side-cars. En réalité, seul un peloton dispose de side-cars militaires. Deux autres pelotons utilisent des side-cars civils ne pouvant être employés qu’en solo, en raison du transport des FM. Quant à la pièce de mortier de 60 mm en dotation, elle doit être transportée en voiturette. (4)
Pour l’escadron de mitrailleuses et canons, le canon de 25 mm est tracté par une camionnette, ce qui limite son emploi aux abords immédiats des routes. Ces camionnettes, souvent surchargées en raison de leurs dimensions réduites, s’usent rapidement. (4)
Le transport des munitions constitue également une difficulté majeure : l’échelon de combat ne peut emporter que 8 000 cartouches de FM au lieu des 13 500 prévues, et seulement 24 grenades VB au lieu des 108 réglementaires. (4)
L’escadron hors-rang du groupe compense tant bien que mal ces insuffisances matérielles, mais au prix d’un ralentissement sensible ses déplacements
Le 1er décembre 1939, le 44° GRRF reçoit l’ordre de relever le 45° GRRF et cantonne à proximité de Bouzonville, à Chémery-les-Deux. Il occupe une ligne de résistance préparée face à Becherholtz et Filstroff, au nord-ouest de Bouzonville.
Des équipes de travailleurs sont prélevées dans chaque escadron pour participer au creusement du fossé antichar, en parallèle des travaux de la Ligne Maginot.
Les activités de reconnaissance et de patrouilles sont continuellement assurées par les escadrons du 44° GRRF, qui subit des pertes lors de bombardements et d’escarmouches provoqués par les incursions allemandes. (3-5)
Le 22 janvier 1940, le groupe est renvoyé au repos à Metz, puis regagne ses positions à compter du 7 février. Après une période de repos effectuée à la caserne Jeanne d’Arc de Thionville, le 44° GRRF connaîtra jusqu’en mai 1940 une période de stabilisation, prenant à compter du 1er mars ses positions à la frontière luxembourgeoise, face aux communes d’Émerange, Ebange et Mondorf-les-Bains. (3-5)
Les unités participent au renforcement de la ligne de défense ainsi qu’aux corvées dans les villages frontaliers.
Le groupe édite comme de nombreuses unités son propre journal : « Le Cheval à Vapeur » publié toutes les deux semaines.
Mis en réserve générale lors de la dissolution de la RFM et laissés à la disposition de la 2° Armée, les 44° et 45° GRRF sont placés sous le commandement du CAC à partir du 2 avril 1940 (8)
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Durant cette période, le 44° GRRF voit également confirmer sa mission en cas d’attaque allemande. Mis à disposition de la 56° DI pour le secteur d’Oeutrange-Hettange, le 44° GRRF doit assurer quatre missions principales: (6)
Mission de reconnaissance en pénétrante en Territoire luxembourgeois afin de reconnaitre les éléments ennemis entre Remich et Schwebsingen, signaler les tentative de franchissement de la frontière par les troupes allemandes tous en gardant le contact et ralentir leurs avancées.
Missions de destruction en protégeant la destruction du transformateur de 1200 NE de Mondorff
Mission de recueil devant être assurée entre Emerange et Mondorf et visant le repli des éléments du GRCA 22 sur sa gauche et ses propres effectifs avancés au Luxembourg
Mission de résistance sur une ligne allant du Bois de Brantzel à Beyern en coordination avec le III/306 RI stationné sur le brisant du Heidberg, puis sur ordre relier Rodemack avec les elements du 22° GRCA puis vers Gandren avec les effectifs du 39°GRDI.
Le 44° GRRF s’articulera en trois groupes, avec des missions déployées en deux phases :
Phase n°1(6)
Groupe n°1 – Cne GUY
Composition : 1 peloton AMD, 2 pelotons motos, 1 GM, 1 canon de 25 mm
Mission : détachement de découverte en direction de Remich et Wellenstein
Groupe n°2 – Cba TREVELOT de VASSELOT
Composition : 2 pelotons à cheval, 1 peloton motos, 1 GM hippomobile, 1 canon de 25 mm
Mission : assurer la possession d’Elvange, interdire l’avancée ennemie en provenance de Wintrange, surveiller la vallée de Schwebsingen, et assurer la liaison avec le 39° GRDI
Groupe n°3 – Cne Dauchez
Composition : 2 pelotons motos, 2 pelotons à cheval, 2 GM portés, 2 canons de 25 mm
Mission : assurer la possession de Mondorf et Beyern, s’opposer aux avancées allemandes, couvrir le 22° GRCA et assurer la liaison avec ce dernier à gauche et le 39° GRDI à droite
Mouvement des groupes (prévu en trois bonds) :
1. La frontière
2. Ligne Elvange – Four à Chaux
3. Pour le groupe n° 1 : sortie nord du bois de Gleicht Scheuerberg
Phase n° 2 – Mission retardatrice(6)
Face à l’avancée des troupes allemandes, les trois groupes doivent assurer une mission de ralentissement de l’ennemi :
Groupe n° 1 : Ligne Four à Chaux – Elvange – Beyern cote 228
Groupe n° 2 : Elvange – Emerange – Puttelange, Bois de Brantzel
Groupe n° 3 : Mondorf puis Beyern
Le Cba TREVELOT de VASSELOT tiendra son PC durant la phase 1 à Elvange.
Soutien artillerie(6)
Le 44° GRRF pourra compter sur le soutien :
du 151° RAP
du 26° RAD
du 226° RALD
Règles de sécurité et cadence de tir : (6)
Marge de sécurité pour les troupes amies : 1 km
Cadence maximale de tir pour 105 et 155 mm : 4 minutes sur une profondeur de 100 m
Délais d’exécution : 15 à 20 minutes pour 105 et 155 mm, 3 à 10 minutes pour 75 mm
Transmissions :
Bien que théoriquement doté de moyen radio et équipe de poste de type ER17, 1 R11 et ER40, le 44° GRRF prévoit d’utiliser le réseau de cabines publiques luxembourgeoises pour ses communications en complément de ses moyens traditionnels.… (6)
Dès 3 h du matin le 10 mai 1940, les nouvelles signalant une agitation inhabituelle sur la frontière entre l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg parviennent au PC de la 3° Armée, installé au Fort Jeanne d’Arc sur les hauteurs de Metz. (7)
À 3 h 30, le Cne ARCHEN, stationné au Luxembourg, fait état de nombreux incidents frontaliers rapportés par ses agents. Peu après 4 h, le Fort d’Illange, PC du secteur fortifié de Thionville, est survolé par un nombre important d’avions allemands. L’alerte est alors déclenchée, mais certaines unités ne la reçoivent qu’à partir de 4 h 45.
À 6 h 45, le Gal CONDE ordonne l’envoi du message : « Falguière, exécutez la mission initiale prévue au Luxembourg ». L’ensemble des forces du Gal PETIET, y compris la 3° DLC, dont fait partie le 44° GRRF, reçoit l’ordre de pénétrer au Luxembourg à 7 h. (7)
Le chef d’escadrons TREVELOPT de VASSELOT, du 44° GRRF, avait déjà signalé, peu avant 6 h, la présence d’infanterie allemande à 200 mètres de la frontière luxembourgeoise. (7)
Cependant, ce n’est qu’à 9 h 15 que l’ordre de pénétrer au Luxembourg parvient effectivement au 44° GRRF. Les groupes 1 et 2 amorcent alors leur entrée, mais se heurtent rapidement aux troupes allemandes. La défense du village de Gandren entraîne des combats intenses entre les hommes du chef d’escadrons Trévelot de Vasselot et les forces ennemies. L’escadron du 440 GRRF se retrouve complètement encerclé dans une cuvette et peine à se dégager. (5)
Malgré l’intensité des combats, les destructions prévues sont effectuées grâce au courage des hommes, notamment à Gandren, où le Mdlc RATHUERVILLE parvient de justesse à faire sauter le pont sous la concentration des mitrailleuses ennemies. (5)
En début d’après-midi, le Gal PETIET, dont le PC est stationné à Aumetz, constate la faible avancée des troupes envoyées au Luxembourg. À l’exception du 4° Spahis, qui a réussi à balayer certains points de résistance allemands, les autres unités sont bloquées par les barrages tenus par les différents Stoßtrupp de la Wehrmacht, renforcés au cours de la matinée par des unités venues d’Allemagne. (7)
À 20 h 30, le Gal PETIET reçoit l’ordre d’assurer la sécurité du Corps d’Armée engagé à l’ouest de la Moselle. Le 44° GRRF abandonne alors ses missions de manœuvre au Luxembourg et quitte la 3° DLC ainsi que la 5° Brigade du général Maillard pour se replacer sous l’autorité de la 56° DI en position défensive. (7)
Ce le 11 mai au soir sur les positions défensives tenues par la 56° DI, le 44° GRRF participe à de violents combats jusqu’au 13 mai. Ces engagements lui coûtent une vingtaine de tués et une trentaine de blessés. (3)
La journée du 13 mai est notamment marquée par un bombardement intense des positions tenues par le 44° GRRF à Beyren et du Bois de Haute Kontz. Après une heure de bombardement par des obus de 150 mm allemands, il ne reste plus qu’une mitrailleuse et trois FM opérationnelles. (5)
Malgré les pertes et l’intensité des combats, la conduite des troupes reste exemplaire. Aucun repli n’est ordonné et l’ordre est donné de combattre à la grenade et à la baïonnette. Privé de munitions, le 44° GRRF parvient néanmoins à arrêter l’ennemi à seulement 10 mètres de ses positions. (5)
Les Mdlc PORVIAN ET LAFEUILLADE se distinguent particulièrement par leur courage sous le feu ennemi et par la réussite de leurs missions de liaison. (3)
Au soir du 13 mai, le 44°GGRF reçoit l’ordre et repli. La cérémonie organisée pour ses morts à Thionville le 14 mai est marqué par le bombardement de la Ville.
Le même jour, le 44°GRRF reçoit l’ordre de rejoindre Lantéfontaine, à côté de Briey (Meurthe-et-Moselle) en vue de se reformer en hommes et en matériel. Il restera en cantonnement jusqu’au jeudi 13 juin 1940.
Devant l’avancée allemande, les troupes françaises en rempli se réorganise. La 3° Armée dont dépend le 44° GRRF forme un groupement de reconnaissance intégrant les éléments du 8°GRCA, 45°GGRF à compter du 11 juin. Le groupement est placé sous le commandant du Lt-Col AMOUOREUX du 8° GRCA. (8)
La mission du groupement est d’assurer la retraite de l’Armée de Lorraine. (5)
Durant ces sept jours, les escadrons sont constamment au contact de l’ennemi, et les pertes sont importantes.
Les éléments du 44° GRRF reçoivent l’ordre de se porter en direction de Verdun. Ils prennent position à Hennemont le 14 juin.
Le 15 juin, la dernière position de défense du secteur de Verdun est tenue par des FM se situe au milieu des Croix de l’Ossuaire de Douaumont. Il se replie à 02h00 du matin en direction de Mouilly. (5)
Le 16 juin, Les positions du 44° GRRF subissent alors des bombardements de l’aviation allemande, mais la tenue de la troupe reste exemplaire. Le Mdlc RATHUEVILLE, de l’escadron à cheval, ramène des hommes restés derrière les lignes ennemies. Le Lt DESPRIPPRES, du 1° peloton de l’escadron à cheval, est blessé durant les affrontements et remplacé par le Mdlc PINCEMAILLE. (3-5)
Ils se replient à 22h en direction de Lamorville avec mission d’assurer la défense nord de Saint-Mihiel.
Toute la journée du 17 juin, le 44°GRRF reste sur ses positions malgré la pression de troupes allemandes. L’escadron à cheval restera en position jusqu’à 21 heures, alors que les autres unités reçoivent l’ordre de repli. L’escadron se retrouve totalement encerclé. Les efforts des Mdlc PORVIAN, RATHUEVILLE et LAFEUILLADE, sous le commandement du Cne TREVELOT de TRAVALOT, permettent de dégager une partie de l’escadron, comprenant le groupe à cheval, mais laissent sur place les automitrailleuses ainsi que de nombreux blessés et tués. (3-5)
Dans la nuit du 17 au 18 juin, après le franchissement de la Meuse par les troupes allemandes, les liaisons entre les différents escadrons du groupement du Lt-Col AMOUREUX sont rompues. (3)
Rattachés depuis le 16 juin au matin au groupement du Gal BURTAIRE, les escadrons du 44° GRRF défendent pied à pied les arrières de l’Armée de Lorraine, suivant la retraite de la division légère. Retirant par Foug et Ménillot le 18 juin, ils atteignent Achey le 19 juin, tout en assurant notamment la couverture du repli d’éléments du 155° RIF à Broussey-en-Woëvre, mission qu’ils remplissent avec ténacité.(3-5-1)
Le 19 juin, les différentes unités du 44° GRRF se retrouvent dans la région de Toul. La liaison avec l’escadron hors rang est rétablie, mais le ravitaillement devient de plus en plus difficile. Les troupes allemandes, arrivant à la fois du nord et du sud, encerclent les unités françaises repliées au sud de Toul. (10)
L’escadron à cheval subit de violentes attaques et de lourdes pertes en hommes et en chevaux. Entre le 19 et le 20 juin, les derniers combats du 44° GRRF se déroulent. Alors que certaines unités françaises se rendent sans combattre et que des drapeaux blancs apparaissent, notamment à Marainville au PC du Gal AUBLET, les éléments du groupe maintiennent le contact et poursuivent la lutte. (10-3)
Au soir du 20 juin, les pelotons de l’escadron à cheval s’opposent encore à l’avancée allemande. Le poste de commandement est encerclé : le Mdlc RATHUEVILLE, bien que blessé, parvient à soustraire le Cne TREVELOT de TRAVALOT, également blessé, à la capture. Les combats de la journée coûtent la vie aux Mdlc CHAIGNEAU et BAUSSERON. Le soir venu, le groupe se replie en lisière du bois de la Sapinière, près d’Ochey. (3)
Le 21 juin à midi, l’escadron hors rang est fait prisonnier après avoir détruit ses armes et ses documents sensibles.
D’un effectif initial de 650 hommes, le 44° GRRF ne compte plus que 334 survivants — officiers, sous-officiers et soldats — rassemblés au bois de la Sapinière le 22 juin.
Le matin du 23 juin, un officier d’état-major de la division informe le Cba VASSELOT DE REGNE que l’unité doit déposer les armes. Après une allocution de son chef et l’exécution de la Marseillaise par la troupe, les survivants du 44° GRRF se rendent au village de Pierre-la-Brêche, où, rendant un dernier hommage à leur chef d’escadron, ils abandonnent leurs armes.
L’escadron à cheval se dirige ensuite vers l’aérodrome de Toul, où il abandonne ses dernières montures. Pour ses hommes, la captivité commence. Ils demeurent à Toul jusqu’au 27 juin, puis sont transférés à Saint-Mihiel jusqu’au 31 juillet, avant d’être envoyés en Allemagne, au camp de Petrisberg, près de Trèves.
Escadron d’escorte des gouverneurs de Metz, surnommé par le maréchal Pétain lui-même « le plus bel escadron de France » le 22 novembre 1938, les hommes du 44° GRRF ont, durant toute la campagne de France, fait honneur à leurs armes et à leurs pairs.
1) Le 44° GRFF par Frédéric Guidicelli et Roland Scheller (GBM n° 150).
2) Mémorial des groupes de reconnaissance 1939-1940 (Union nationale de la Cavalerie, de l’arme blindée et des chars, 1956).
3) Rapport du Mdlc FLOUR du 9 mai 1941, SHD 34 N529
4) Rapport du Cba de VASSELOT du 21 décembre 1939, SHD 34 N529
5) Rapport du Cne de TREVELOT de TRAVALOT, SHD 34 N529
6) Ordre d’opération n°2 du 15 avril 1940, SHD 34 N529
7) Faites Sauter la Ligne Maginot, Roger BRUGE
8) Ligne Maginot - 45° Groupe de Reconnaissance de Région Fortifiée
9) Ligne Maginot - 56° Division d'Infanterie
10) Rapport du Cne TONBEAU DE LA MAISONNEUVE du 25 octobre 1942, SHD 34 N529
11) Fonds photo du Gal DENIS sur le Cne TREVELOT, ECPAD D76-13
Rémy SCHERER
Emmanuel HORNY