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13°LGRM - 8°Cie

(GRM)






Origine :

La 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) est créée le 1er avril 1939. À compter de cette date, sa 8° compagnie est cantonnée à la Nouvelle Caserne Chanzy de Stenay. (1)

Cette nouvelle légion intègre dans ses rangs plusieurs anciennes unités de la 6° LGRM, notamment la 12° compagnie de cette dernière, précédemment stationnée à Stenay (Meuse).

La ville de Stenay accueille des gardes mobiles depuis 1931. À cette époque, les pelotons mobiles (PM) 214, 216 et 218 du 3° groupe de la 6° LGRM s’installent à la CASERNE CHANZY, formant la 11° compagnie de la 6° LGRM. Cependant, la caserne s’avère rapidement trop exiguë pour loger les familles des gardes, ce qui conduit à d’importants travaux d’aménagement.

(1)

STENAY - CASERNE CHANZY - (Camp de sureté) Caserne CHANZY



En 1932, la 4° Cie de la 7° LGRM (4e groupe de Verdun) prend la relève et s’installe à Stenay, remplaçant la 11° compagnie de la 6° LGRM.

Le 1er janvier 1935, la 6° LGRM revient à Stenay et y installe sa 10° compagnie.

Durant cette période, les différentes unités de gardes mobiles participent à de nombreuses opérations de maintien de l’ordre, notamment dans le nord de la France lors des grèves industrielles et minières, à la frontière espagnole, ainsi que pendant les événements sociaux de 1936 à Paris.

Les pelotons sont également mobilisés pour des missions de surveillance des frontières, en mars 1935, à la suite du rétablissement du service militaire en Allemagne, puis en 1936, après la réoccupation de la Rhénanie. Durant ces périodes de tension, ils sont déployés le long de la frontière et logés chez l’habitant, illustrant ainsi leur rôle essentiel dans la vigilance et la défense du territoire. (1)

En 1937, les gardes mobiles sont également chargés de la surveillance des ouvrages fortifiés. Les PM 214 et 216 de la 10° compagnie de la 60 LGRM de Stenay sont alors déployés à Thonne-les-Thil.

Un capitaine, accompagné de cinquante gardes mobiles, constitue par ailleurs une compagnie de garde frontalière à Carignan.(1)

Cette mission de surveillance n’est pas sans dérives : le 4 juin 1937, un garde est sanctionné de dix jours d’arrêt de rigueur pour contrebande de tabac.


La mobilisation de 1938

L’évolution rapide de la situation en Europe conduit, en juillet 1938, les parlementaires français à adopter plusieurs mesures destinées à faciliter le passage du temps de paix à celui de guerre. Le 9 août 1938, un Comité central de surveillance des frontières est créé, placé sous l’autorité des préfets et décliné dans chaque département frontalier. (1)


L’annexion des Sudètes par l’Allemagne, à l’automne 1938, entraîne le déclenchement des premières mesures de mobilisation.

La 10° Cie de Stenay reçoit comme ordre le 24 septembre 1938 à 14h15 de rejoindre la zone de Chiers-Meuse sur Secteur Fortifié de Montmédy sur un front de 48 kilomètre en avant de Sedan et Carignan. Elle doit fournir l’encadrement et le commandement des gardes frontalières et d’assurer la garde des maisons-fortes du secteur :(1-2)


Poste de Vrigne-aux-Bains :
Détachement commandé par un Adjudant du PM 218
Effectif : 10 gardes du PM 218 et 57 gardes frontaliers
Poste GRM - Maison Forte de Vrigne-aux-Bains

Poste de Floing
Détachement commandé par un Adjudant du PM 214
Effectif : 34 gardes du PM 214 et 82 gardes frontaliers
Poste GRM - Maison Forte MONTIMONT à Donchery
Poste GRM - Maison Forte Q - OLLY à Illy
Poste GRM - Maison Forte M - BOIS de SAINT MENGES à Saint Menges
Poste GRM - Maison Forte N - La HATRELLE à Fleigneux

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Poste de la Chapelle
Détachement commandé par un Adjudant du PM 214
Effectif : 15 gardes du PM 218 et 82 gardes frontaliers
Poste GRM - Maison Forte MF13 - P - MAISON FRIQUET à La Chapelle

MF13 - P - MAISON FRIQUET - (Poste GRM - Maison Forte) Maison Forte MF13 - P - MAISON FRIQUET à La Chapelle



Poste de Pouru-aux Bois
Détachement commandé par un Adjudant du PM 214
Effectif : 8 gardes du PM 218 et 41 gardes frontaliers
Poste GRM - Maison Forte Q - BOUCHON de la GRENOUILLE à Villers Les Cernay

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Poste de Carignan
Détachement commandé par un Capitaine de la 10° Cie de la 6° LGRM
Effectif : 9 gardes du PM 218 et 186 gardes frontaliers
Poste GRM - Maison Forte MF19 - V - La DOUANE à Matton et Clemency
Poste GRM - Maison Forte MF17 - T - MESSINCOURT à Messincourt
Poste GRM - Maison Forte MF18 - U - BOIS de PURE à Pure

MF17 - T - MESSINCOURT - (Poste GRM - Maison Forte) Maison Forte MF17 - T - MESSINCOURT à Messincourt



La dotation en armement de la compagnie demeure incomplète : elle ne dispose que de neuf fusils-mitrailleurs opérationnels, sur les douze prévus par la dotation réglementaire.(1)

Le front à surveiller s’avère également trop étendu, ce qui ne permet qu’une vigilance partielle du secteur.

La démobilisation intervient le 25 octobre 1938, mais l’ampleur du territoire à contrôler conduit l’état-major de la 6° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) à mettre sur pied un groupe de motocyclistes, réparti en deux compagnies stationnées à Givet, Mézières, Sedan et Mouzon.(1-2)

Dans la continuité de cette réorganisation, il est également décidé de former des brigades frontalières.
Le département des Ardennes en comptera douze, chacune composée d’un adjudant, d’un maréchal des logis et de huit gendarmes.

Ces unités ont pour mission d’assurer la permanence du contrôle aux postes d’entrée du territoire, renforçant ainsi le dispositif de vigilance à la veille du conflit.

Le 1er avril 1939, la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) est créée à partir d’éléments de la 6° Légion.
À cette occasion, la 10° compagnie de la 6° LGRM devient la 5° compagnie de la 13° LGRM. (3)


Avril à août 1939


La 5° compagnie de la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) est placée sous le commandement du capitaine ROUX. Elle se compose de trois pelotons mobiles (5-7):


  • PM 214 – Lieutenant LATOUR

  • PM 216 – Lieutenant LIÉGEOIS

  • PM 218 – Adjc FLORY


Le 22 août 1939 à 23 heures, la compagnie reçoit l’ordre d’appliquer la mesure intitulée « Surveillance et fermeture de la frontière ».

Le PM 218 est rappelé d’urgence du camp de Gurs, où il était jusque-là déployé pour la surveillance des ressortissants espagnols.

Le PM 216 dispose déjà d’une partie de son effectif affectée à la surveillance de la frontière et achève son déploiement dans le secteur de Floing. Il assure également l’encadrement de la compagnie de Gardes Frontaliers de Floing, occupant les points d’appui suivants (1-2):


  • Illy-Olly

  • Domaine de Saint Menges

  • La Bellevue


Le PC du peloton est à Floing et les gardes mobiles assurent également la surveillance, entre autres, des maisons-fortes suivantes :



Le PM214, à son retour, se déploie sur le secteur de Villers-Cernay, où il encadre la compagnie de Gardes Frontaliers du même nom. Il est chargé d’assurer la surveillance du secteur, notamment à partir des maisons-fortes suivantes :


Le PM 218 s’installe dans la zone comprise entre la Chiers et la Meuse, aux côtés du 136° régiment d’infanterie de forteresse (RIF), qui tient la Ligne principale de défense. Son PC est fixé à Carignan et mes gardes mobiles assurent également la surveillance, entre autres, des maisons-fortes suivantes :



Les différents pelotons de la 5° compagnie de la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) assurent également la tenue des centres d’examen dans leurs zones respectives. (3)

La surveillance exercée aux postes-frontières et aux points de contrôle de circulation impose que toute personne, civile ou militaire, circulant en avant de la ligne de fermeture, présente ses papiers d’identité. En cas de présentation d’un laissez-passer, l’itinéraire indiqué doit être scrupuleusement vérifié ; en cas de doute, l’individu est dirigé vers le poste d’examen du secteur. Les postes-frontières disposent, en outre, d’une liste nominative des personnes autorisées à franchir la frontière.


Pour assurer la bonne exécution des consignes, chaque poste de surveillance de la 8° Compagnie de la 13° LGRM comprend (1) :


  • 2 gardes mobiles

  • un nombre variable de douaniers

  • 1 fusil-mitrailleur modèle 1915


Chaque poste d’interrogatoire est composé de :


  • 1 gradé issu de la GRM

  • 2 gardes mobiles

  • 3 à 4 réservistes


Le secteur connaît plusieurs évolutions administratives au fil du conflit : le Détachement d’Armée des Ardennes devient, le 20 novembre 1939, le Secteur Défensif des Ardennes , avant de prendre, le 11 janvier 1940, l’appellation de 41° Corps d’Armée de Forteresse.


Durant toute la période dite de la « Drôle de Guerre », les pelotons montés de la 8° compagnie de la 13° LGRM coopèrent étroitement avec les unités stationnées dans le secteur, notamment le 148° régiment d’infanterie de forteresse (RIF) et le 136° RIF , contribuant à la surveillance et à la défense du front ardennais. (6)


Secteur Défensif des Ardennes (SDA) Insigne du Secteur Défensif des Ardennes





Janvier à mai 1940

En janvier 1940, le secteur défensif des Ardennes fait l’objet d’une nouvelle réorganisation.
Les pelotons de la Garde Républicaine Mobile (GRM) sont désormais placés sous l’autorité de la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF)(6).


Le 30 janvier, l’ensemble des compagnies de Gardes Frontaliers est regroupé à Carignan en vue de leur dissolution.
Les gardes mobiles demeurent, quant à eux, en surveillance active de la frontière.


À compter du 1er février 1940, et pour une durée d’une quinzaine de jours, la 8° compagnie devient provisoirement la 10° compagnie de la 13° LGRM.(2)


La dissolution des compagnies de Gardes Frontaliers entraîne une réorganisation des affectations aux postes de surveillance : la compagnie des avancées du 136° RIF Régiment d’Infanterie de Forteresse (RIF) est détachée à la surveillance des postes avancés et des maisons fortes, tandis que les gardes mobiles prennent en charge la surveillance des postes-frontières et des différents points du dispositif défensif.(1)


Le PM214 est alors affecté à la 5° Division Légère de Cavalerie (DLC).(5)

Le 15 février 1940, les Légions de Gardes Mobiles font l’objet d’une refonte générale.

L’ancienne 8° compagnie de la 13° LGRM est intégrée à la 10° compagnie de la 1°LGRM. Les pelotons qui la composent changent également de numérotation(3) :


  • le PM 214 devient PM 22/01,

  • le PM 216 devient PM 23/01,

  • le PM 218 devient PM 24/01.


La 10° compagnie, stationnée à Sedan, est intégrée au 3° groupe de la nouvelle 1° Légion de Garde Républicaine Mobile, placée sous le commandement du commandant BARRIOT, dont le poste de commandement est établi à Charleville, au quartier Dubois-Crancé.(4)

Le 10 mai 1940, dès 5 heures du matin, un grondement continu de moteurs d’avion retentit au-dessus du secteur de Charleville, marquant le début de l’offensive allemande à l’Ouest.


À 6 h 30, la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) diffuse l’ordre d’alerte n° 3, entraînant la mise en position de combat de l’ensemble des pelotons issus de l’ex-8° compagnie(4).

Les barricades sont alors ouvertes pour permettre le passage de troupes françaises entrant en Belgique(4).

Le 10 mai 1940, le PM214 est affecté à la 5° Division Légère de Cavalerie (DLC)(5). Il reçoit la mission d’assurer la protection des arrières de la division et de faciliter l’évacuation des populations belges et luxembourgeoises.

Le PM 216 demeure sur son secteur et prend en charge l’accueil et la gestion des populations belges fuyant l’avance allemande.

De son côté, le PM 218 suit le 64° Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI) dans sa progression en Belgique(7).

Face à la poussée des forces allemandes, les unités françaises engagées en Belgique entament leur mouvement de repli dès le 11 mai.

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Dans la soirée du 11 mai, le PM 218 reçoit l’ordre de regagner sa position initiale à la scierie d’Hanoff, après avoir procédé aux destructions prévues en cas de repli(7). Les PM 214 et 216 sont, quant à eux, chargés de gérer le flux d’évacués sur leurs secteurs respectifs.

Le 12 mai, les PM 214 et 216 passent la journée à déclencher les dispositifs de destruction de leur zone, conformément aux consignes établies(3).

Le PM 218 se replie sur Beaumont, où il est rattaché à la prévôté de l’Armée(5).

Le 13 mai, les PM 214 et 216 subissent de violents bombardements aériens allemands, prélude à l’offensive sur Sedan.
Le PM 214 reçoit l’ordre de se porter sur Raucourt afin de renforcer le 120° Régiment d’Infanterie (RI), avec mission de stopper les chars allemands ayant franchi la Meuse. Dans la soirée, il reçoit l’ordre de se replier vers le carrefour de Bagole, au sud de Raucourt. Devant l’avance rapide des blindés allemands, le PM 214 se replie le 14 mai à 10 h sur Boult-aux-Bois, où il participe au regroupement des fuyards de la 71° Division d’Infanterie (DI)(5).

Le PM 215 reste sur le secteur jusqu’au 17 mai.

Le PM 216 amorce également son repli. Le 13 mai au matin, après un premier échec, les unités d’infanterie de la 1° Panzerdivision (Panzergruppe Kleist) parviennent à franchir la Meuse face à la 55° DI.

Dans la soirée, la tête de pont allemande s’élargit considérablement, bien qu’aucun char n’ait encore traversé le fleuve.
Le 18 mai, le PM 214 reçoit de la prévôté de la 2° Armée l’ordre de se porter sur Reims afin de refouler les fuyards des 55° et 71° DI, dont certains pillent les commerces et habitations de la région. Au soir du 19 mai, entre 3 500 et 4 000 soldats isolés sont rassemblés et transportés en camion vers les forts de Verdun (5).

Le 20 mai 1940, l’ensemble des pelotons issus de l’ancienne 5° compagnie de la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) se regroupe à Varennes-en-Argonne, après avoir retraité sous les bombardements allemands et s’être ralliés au Cne ROUX(5-7).

Ces unités reçoivent pour mission d’endiguer le flot des isolés provenant des régiments français en repli et de tenir des postes arrière afin de couvrir les mouvements des troupes.

Le 11 juin, le PM 214, après avoir participé à la défense de Semide, au sud-est de Rethel, reçoit l’ordre de se replier pour renforcer la défense de la ville de Tourbe. Le 12 juin, un nouvel ordre lui enjoint de se porter sur Auve pour y participer également à la défense locale. Le 13 juin, encerclé une grande partie de la journée, le peloton parvient à se dégager vers 19 heures et à se replier sur Nettancourt, où il rejoint le poste de commandement du Corps d’Armée Colonial, auquel il est rattaché depuis le 22 mai (5).

Le 14 juin, le PM 218 reçoit l’ordre de faire mouvement vers Lons-le-Saunier. Face à l’avancée des troupes allemandes depuis Langres, il se met à la disposition du Gal DAILLE, commandant le 45° Corps d’Armée de Forteresse (CAF), à son arrivée à Morteau. Le peloton participe ensuite aux combats de Maîche et de Saint-Hippolyte, le 18 juin. Le 19 juin, à 19 heures, il passe la frontière suisse en accompagnant l’état-major du général DAILLE (7).

Les PM 214 et 216 continuent de couvrir les itinéraires de repli du Corps d’Armée Colonial jusqu’au 17 juin, date à laquelle ils se trouvent à Vittel, dans les Vosges. Le 18 juin, ils participent aux combats de Xertigny, puis parviennent à se replier le 19 juin sur Jarménil, où ils se mettent à la disposition du groupement du Lt-Col PICHON (5).

Devant l’impossibilité d’assurer leur ravitaillement en munitions, les pelotons de l’ex-8° compagnie de la 13° LGRM sont envoyés à Gérardmer, pour se placer sous les ordres du Gal MIZERAY.

Ils prennent part, le 21 juin, aux combats du Saut des Cuves, menant une contre-attaque destinée à dégager le poste de commandement et deux sections du 42° Régiment d’Infanterie (RI) (7).

À court de munitions, les PM 214 et 216 sont contraints de déposer les armes le 22 juin 1940 à 11 heures, à Gérardmer. (7)


Notes et sources:

1) La Garde Républicaine Mobile, Michel MEISSNER, Terres Ardennaises, Hors Série Avril 2004
2) Des balcons en fôret, Maisons fortes des Ardennes 1939-1940, Terres Ardennaises, Hor Série février 2001
3) Note du Gal ROTON du 03 février 1940 sur la réorganisation des GRM SHD 34 N 11212
4) JMO du 3° Groupe de la 1° LGRM, Cba BARRIOT du 20 juillet 1940 SHD 34 N 11212
5) Rapport du Cne LATOUR du 10 août 1945 SHD 34 N11212
6) Ligne Maginot - Secteur Défensif des Ardennes
7) Rapport du Mdlc HAUSSARD du 14 août 1941 SHD 34 N11212




Rédaction :

Emmanuel HORNY




Secteur(s) concerné(s) :SFMO




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