Le 6 mai 1923, l’état-major de l’armée décide de doter les grandes unités de groupes de reconnaissance chargés des missions suivantes :
la recherche du renseignement ;
la prise de contact avec l’ennemi ;
la sûreté.
Trois types de groupes de reconnaissance sont alors créés :
les Groupes de Reconnaissance des Corps d’Armée (GRCA) : 23 GRCA furent déployés durant la campagne de France
les Groupes de Reconnaissance des Divisions d’Infanterie (GRDI) : 109 GRDI furent créés après le 6 mai 1923 ;
les Groupes de Reconnaissance des Région Fortifiée (GRRF) : les régions fortifiées comptèrent trois GRRF dédiés, à savoir les 44°, 45° et 46°GRRF.
Les GRDI se déclinaient en quatre types :
le type normal ;
le type motorisé sans automitrailleuses ;
le type motorisé avec automitrailleuses ;
le type outre-mer.
1 état-major
1 peloton de commandement
1 escadron hors rang
1 escadron de fusiliers à cheval, composé de :
1 peloton de commandement à 2 groupe ;
4 pelotons à 2 groupes de combat ;
1 mortier de 60 mm ;
1 groupe de mitrailleuses hippomobile ;
1 groupe hippomobile de 2 canons de 25 mm. ;
1 escadron de fusiliers motocyclistes, composé de :
1 peloton de commandement à 2 groupe ;
4 pelotons à 2 groupes de combat ;
1 mortier de 60 mm ;
1 escadron motorisé, composé de :
1 peloton de commandement à 2 groupe ;
2 pelotons de mitrailleuses ;
1 groupe de 2 canons de 25 mm.
28 officiers
63 sous-officiers
594 hommes de troupe
24 fusils mitrailleurs
10 mitrailleuses;
3 mitrailleuses antiaériennes ;
4 canons de 25 mm
2 mortiers de 60 mm
276 chevaux
67 camions, camionnettes et véhicules de liaison
99 motocyclettes
1 état-major
1 peloton de commandement
1 escadron hors rang
2 escadrons de fusiliers motocyclistes, chacun composé de:
2 peloton de commandement à 2 groupe ;
4 pelotons à 2 groupes de combat ;
1 mortier de 60 mm ;
1 escadron motorisé, composé de :
1 peloton de commandement à 2 groupe ;
2 pelotons de mitrailleuses ;
2 groupe de 2 canons de 25 mm.
26 officiers
74 sous-officiers
547 hommes de troupe
32 fusils mitrailleurs
8 mitrailleuses;
3 mitrailleuses antiaériennes ;
4 canons de 25 mm
2 mortiers de 60 mm
25 véhicules de liaison
89 camions, camionnettes et véhicules de liaison
192 motocyclettes
1 état-major
1 peloton de commandement
1 escadron hors rang
1 groupe d’escadrons de découverte, comprenant :
1 état-major de groupe ;
1 escadron d’automitrailleuses de découverte (AMD), composé de 4 pelotons de 3 AMD;
1 escadron de fusiliers motocyclistes, composé de 4 pelotons d'AMD à 2 groupes de combats et d'un mortier de 60mm ;
1 groupe d’escadrons de reconnaissance, comprenant :
1 état-major de groupe ;
1 escadron d’automitrailleuses de reconnaissance (AMR), composé de 4 pelotons de 5 AMR;
1 escadron de fusiliers motocyclistes, composé 4 pelotons d'AMD à 2 groupes de combats et d'un mortier de 60mm;
1 escadron de mitrailleurs motocyclistes, composé de :
2 pelotons de mitrailleuses ;
2 groupes de 2 canons de 25 mm.
42 officiers
126 sous-officiers
812 hommes de troupe
32 fusils mitrailleurs
8 mitrailleuses;
32 mitrailleuses sous blindage ;
4 canons de 25 mm
2 mortiers de 60 mm
12 canons sous blindages
12 AMD
20 AMR
5 voitures de commandement
36 véhicules de liaisons
35 camionnettes
253motocyclettes
1 état-major
1 peloton de commandement
1 escadron hors rang
2 escadrons à cheval
1 groupe de mitrailleuses
1 peloton de mitrailleuses portées sur camionnettes
1 groupe de canons antichars de 25 mm hippomobile
La numérotation des Groupes de Reconnaissance de Divisions d’Infanterie (GRDI) n’entretenait généralement aucun lien avec celle de la grande unité de rattachement (GUR).
Il existait toutefois des exceptions : les GRDI des divisions coloniales, des divisions d’infanterie d’Afrique et des divisions d’infanterie nord-africaines recevaient le numéro caractéristique de leur grande unité de rattachement.
Les GRDI portant un numéro supérieur à 100 furent constitués afin d’être affectés aux nouvelles grandes unités créées au cours de l’année 1940.
De 1 à 7 :
7 GRDI du type motorisé, avec ou sans automitrailleuses, rattachés aux divisions d’infanterie motorisées.
De 11 à 70 :
52 GRDI du type normal, répartis comme suit :
35 GRDI, numérotés de 11 à 46, rattachés aux divisions d’infanterie dites de série A ;
17 GRDI, numérotés de 51 à 70, rattachés aux divisions d’infanterie dites de série B.
De 71 à 78 :
8 GRDI rattachés aux divisions d’infanterie coloniales.
De 80 à 89 :
14 GRDI rattachés aux divisions d’infanterie d’Afrique ou marocaines.
De 91 à 98 :
8 GRDI rattachés aux divisions d’infanterie nord-africaines.
De 121 à 129 :
9 GRDI rattachés aux divisions légères d’infanterie.
Ces unités correspondaient à des GRDI dits « réduits », comprenant un escadron formé de deux pelotons motocyclistes, d'un peloton porté et d'un groupe de canons de 25 mm.
De 180 à 192 :
7 GRDI rattachés à des divisions d’infanterie ou à des divisions d’infanterie d’Afrique.
Les GRDI « type outre-mer » (numéros 180 à 183) servirent principalement à la mise sur pied d’autres formations.
Les GRDI 191 et 192 relevaient du « type spécial Levant ».
Les groupes de reconnaissance de division d'infanterie étaient constitués à partir d’escadrons issus des régiments de temps de paix, que la cavalerie détachait, au moment de la mobilisation, auprès des divisions d’infanterie afin d’assurer leur éclairage.
Les GRDI mis sur pied par les Centres de mobilisation de cavalerie (CMC) reposaient principalement sur des réservistes, renforcés par des escadrons provenant de régiments de cavalerie d’active, libérés par le passage au temps de guerre de ces unités lors de la mobilisation de 1939.
La mise sur pied de guerre se déroula principalement au cours des mois d’août et de septembre 1939.
Les divisions d’infanterie motorisées disposent de groupes de reconnaissance entièrement motorisés, spécialement équipés pour remplir, au profit de ces grandes unités, les missions de sûreté traditionnellement dévolues à la cavalerie.
Parmi ces missions, la sûreté éloignée revêt une importance essentielle face à un adversaire disposant lui aussi d’une grande capacité de mouvement.
À ce titre, les groupes de reconnaissance ont pour missions principales :
la recherche du renseignement ;
la couverture contre les incursions d’engins blindés ;
l’occupation et le contrôle des points importants dans leur zone d’action ;
la reconnaissance du réseau routier en vue de son utilisation par les colonnes automobiles.
La recherche du renseignement est assurée par des reconnaissances composées d’automitrailleuses de découverte (AMD) et de détachements motocyclistes, engagés sur les axes principaux.
Ces éléments opèrent généralement jusqu’à la portée d’une étape automobile, soit environ 80 à 100 kilomètres.
Sûreté et couverture
La protection contre les incursions ennemies est assurée par des détachements motocyclistes, appuyés par des mitrailleuses et des engins antichars, et éclairés par des automitrailleuses de reconnaissance (AMR).
Ces détachements surveillent les voies d’accès à leur zone d’action.
En cas de rencontre avec l’ennemi, ils organisent la résistance sur les points de passage obligés, rendus infranchissables par des destructions ou des obstructions appropriées.
Leur action vise à briser l’élan adverse et à neutraliser l’effet de surprise recherché par l’ennemi.
Les éléments principaux des groupes de reconnaissance appuient les détachements avancés et occupent des points de terrain clés — coupures, passages obligés, carrefours — dont la maîtrise est indispensable à l’exécution des mouvements ou au développement de la manœuvre de la grande unité.
Pour ce type de mission de résistance, il est souhaitable de renforcer ces éléments par de l’infanterie et de l’artillerie motorisées.
La reconnaissance du réseau routier vise à apprécier la valeur automobile des itinéraires, ainsi que les possibilités de franchissement des cours d’eau.
Elle peut être complétée par des éléments du train ou du génie, progressant dans le sillage des détachements de sûreté de la cavalerie.
Dans les opérations sur les ailes, l’action de la grande unité est normalement couverte et prolongée par son groupe de reconnaissance.
Dans le combat défensif, celui-ci prend le contact avec l’ennemi et surveille étroitement ses mouvements, soit pour déceler une manœuvre de débordement, soit pour inquiéter ses flancs et même ses arrières.
De front, il s’efforce de ralentir la progression adverse.
Les groupes de reconnaissance formaient des unités organiques de la cavalerie française en 1939-1940.
Ils participèrent notamment à l’offensive de la Sarre, à la mise en œuvre du plan Jaune et à l’ensemble des combats de la bataille de France.
Dans leur organisation de 1939–1940, les groupes de reconnaissance de divisions d’infanterie (GRDI) surent remplir avec efficacité et souvent avec éclat leurs missions de reconnaissance et de couverture.
Quel que fût leur destin ultérieur, les commandants de corps d’armée et de divisions d’infanterie purent s’appuyer avec confiance sur leurs groupes de reconnaissance pour assurer la protection et la manœuvre de leurs grandes unités.
Souvent dispersés en unités élémentaires, et parfois même par pelotons au sein des formations divisionnaires, ils ne déméritèrent jamais. Toutefois, dans ces conditions d’emploi, ils n’étaient pas en mesure de résister aux concentrations massives de blindés allemands.
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La plupart des GRDI furent décimés ou faits prisonniers, et tous furent dissous à la suite du cessez-le-feu de juin 1940.
Emmanuel HORNY
Mémento concernant les dispositifs de l'armée française, 1937. Centre d’Études Tactiques Interarmes
http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtdissous/grdi/grdi.html
Mémorial des groupes de reconnaissance 1939-1940
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_groupes_de_reconnaissance_de_division_d%27infanterie
http://grca.free.fr/historique_grdi/historique_grdi.htm