Casemate du Kobenbusch (3 pièces de 75)
Fil ouvert par mathieju - Posté le 11/09/2016
En général, ces blocs de flanquement possèdent une sortie de secours dans la paroi opposée à la direction de tir des canons et une meurtrière de protection du fossé dans la paroi de l’autre côté des ouvertures de tir des obusiers de 75 mm.
Le haut de ces ouvertures se trouve à peu près au niveau du seuil des ouvertures de tir des canons, ce qui apparait bien, notamment sur les documents suivants :
- Muraille de France : Hackenberg bloc5 page 171 : c’est clair
- Idem p 172 (Hochwald B6), p.174 (Metrich B1) et p.175 (Billig)
- Mary : Hochwald Est page 121, on devine une sortie
- Mary, Fermont bloc 4 : le schéma montre une issue de secours et une meurtrière de protection du fossé
- Mary, Hochwald, blocs 6 et 12, p.275 : on devine la ligne supérieure d’une issue de secours
- Mary &Hohnadel, tome 2 p.46 : Hackenberg B5 et Latiremont B6 : issues + créneaux FM
Il semble selon certaines publications qu’il y eut deux modèles : 1929 et 1932.En particulier, Fermont (B4), Latiremont (B5 et B6), Kobenbusch (B7), Metrich (B1) et Simserhof (B5 et B6) seraient du modèle 1932 ( ??).
Sur « Muraille de France » page 174 Kobenbusch (B7) après achèvement ne montre pas de telles ouvertures, et, sur place, actuellement, même si le fossé a été remblayé et avec en plus quelques amas de terres contre les extrémités de la façade, on ne distingue aucune trace possible d’issue de secours ni de meurtrière de FM sous le niveau des ouvertures de tir.
Quelqu’un aurait-il des précisions à ce sujet ?
Réponse de jolasjm - Posté le 12/09/2016
Bonjour
Les blocs casemate d'artillerie de flanquement pour canons de 75mm étaient de 3 types, dépendant du modèle de l'arme abritée, à savoir le 75mm Mle 1929 à pivot réel, le 75 mm Mle 1932 à pivot fictif et enfin le modèle 75 mm Mle 1932 raccourci (et ceci sans compter les blocs de contescarpe ou les blocs type sud-est). Il y a bien sur comme d'habitude des variantes à ces plans types (ex parmi d'autres: le B12 du Hochwald avec seulement 2 pièces de 75/29 au lieu de 3).
Le B7 du Kobenbusch appartient à la deuxième catégorie, les blocs pour 75mm Mle 32, et en effet 7 ont été construits pour accueillir des canons de ce type. Une des différenciations majeures du plan de ce type de bloc par rapport à ceux accueillant le 75/29 est la position des monte-charges, qui en fait au total un bloc un peu plus compact.
Le B7 du Kobenbusch est conforme au plan-type de Génie, comme ceux de Fermont et Latiremont. Il comporte une issue de secours en arrière des chambres de tir, et ce décrochement de façade caractéristique pour créneau FM de défense du fossé en avant du bloc.
Ci-joint un plan de ce bloc qui atteste de cela. Je ne sais malheureusement plus où je l'ai trouvé.
Cordialement
Jean-Michel
Réponse de Frédéric Lisch - Posté le 12/09/2016
Dernière modification par Pascal le 12/09/2016.
Salut à tous,
Vaste sujet qui mériterait une étude plus complète mais je vais essayer de faire court.
Pour les ouvrages du Nord-Est, comme le précise Jean-Michel, il existe bien trois modèles de casemates d'artillerie de flanquement dont voici le détail (exceptés les coffres de contrescarpe).
- La casemate pour pièces de 75 modèle 1929 (et lance-bombes de 135) d'après la notice du 22 mai 1931.
- La casemate pour pièces de 75 modèle 1932 d'après l'additif du 25 janvier 1932.
- La casemate pour pièces de 75 raccourci modèle 1932 d'après le rectificatif du 23 avril 1932.
En théorie, les deux premiers modèles (mai 1931 et janvier 1932) sont réservés aux "ensembles puissants" ; la portée de tir peut atteindre 12.000 m suivant la hausse autorisée par le caisson blindé (30 ° ou 40,3°). Le troisième modèle se retrouve uniquement dans les ouvrages dits "intermédiaires" dont la portée de l'obusier de 75 permet de faire le "lien" entre deux ensembles puissants (cf : l'ouvrage du Billig situé entre les deux ensembles de Métrich et du Hackenberg). Il existe une exception à cette règle : l'ouvrage du Kobenbusch, considéré comme un ouvrage intermédiaire, est doté d'une casemate du type de Janvier 1932.
Dans la pratique, les prérogatives de la notice sont respectées…
Voici ce qui est construit :
- Casemate Mle 1931 à 4 chambres de tir : 1 exemplaire construit à Rochonvillers (associant 3 canons de 75/29 et 1 lance-bombes de 135) ; bien que le cas le plus courant soit la casemate à 3 chambres de tir, concernant le bloc de Rochonvillers, il serait fortuit de parler d'une exception puisque la notice correspondante propose le plan-type d'une casemate à 4 chambres de tir (3 canons-obusiers et 1 lance-bombes).
- Casemate Mle 1931 à 3 chambres de tir : 3 exemplaires (Hackenberg et Hochwald).
- Casemate Mle 1931 à 2 chambres de tir : 1 exemplaire (Hochwald). Là aussi, la notice évoque la possibilité d'une casemate à 2 chambres de tir ; NDLA : si le plan de feux le permet.
- Casemate Mle 1931 à 1 chambre de tir (lance-bombes de 135) : 6 exemplaires mais toujours associés à un autre organe de combat (casemate d'infanterie, tourelle) afin d'éviter une dépense excessive pour un ratio coût-rendement peu élevé.
- Casemate Mle janvier 1932 à 3 chambres de tir : 7 exemplaires.
- Casemate Mle avril 1932 à 2 chambres de tir : 2 exemplaires (Billig) dont 1 associé à un bloc-tourelle de même calibre. Il était cependant prévu d'en construire d'autres (exemples : Soetrich, Mont des Welches, Otterbiel, etc) mais elles seront, soit remplacées par des tourelles de même calibre nettement plus discrètes, soit purement et simplement ajournées.
Techniquement, tous les modèles de casemates de 75 sont plus ou moins construits suivant la même architecture. Ils sont établis sur deux niveaux, les chambres de tir sont disposées en "échelons refusés" et disposent tous sont exception d'une issue de secours et d'un créneau FM de défense rapprochée. En dehors du modèle de canon, l'une des principales différences entre les deux premiers modèles de casemates réside dans la situation du massif des monte-charge. Suite à l'adoption du 75 modèle 1932, la largeur de la chambre de tir est augmentée et passe de 2,07 m à 3,00 m afin d'accueillir l'affût monumentale du nouveau canon-obusier. Pour ne pas augmenter inutilement la longueur déjà excessive de la façade de gorge, le massif des monte-charge et de l'escalier est déplacé au centre du mur de tête de la casemate. Ceci offre également l'avantage d'améliorer le ravitaillement en munitions des trois chambres de tir.
La casemate pour pièces de flanquement présente un certain nombre d'inconvénients. Ces dimensions considérables (plus de 50 m de long pour une casemate à 3 chambres de tir dont le poids tournerait autour des 12.000 tonnes) nécessitent une très grande quantité de béton ; son immense façade (plus de 6 m de haut au-dessus du niveau du sol) génère des ombres bien peu discrètes ce qui ne favorise pas son défilement et sa dissimulation ; la conception même de la casemate lui interdit le tir en action frontale ou vers l'arrière.
Jean-Michel, le plan du bloc 7 du Kobenbusch que vous publiez dans votre message est tiré d'un article sur le bois de Cattenom que j'avais fait pour le périodique "Histoire et Fortifications Magazine" il y pas mal d'années. Enfin, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
On prend un "coup de vieux" subitement…
Frédéric Lisch.
Réponse de Frédéric Lisch - Posté le 12/09/2016
Dernière modification par Pascal le 12/09/2016.
Je fais bénéficier aux lecteurs d'un comparatif que j'avais dessiné en début d'année.
Ce document permettra sans doute de mieux appréhender et comprendre les différents plans-types et d'apprécier les réalisations adaptées au terrain et aux conditions d'utilisation. On peut constater que certaines casemates s'écartent du plan-type correspondant : Métrich, Simserhof.
Dans le cas du plan-type des casemates Mle 1931 à 3 et 4 chambres de tir et des casemates Mle 1932, la seconde cloche est un observatoire sans préciser le type.
Frédéric Lisch.
NB Fichier joint remplacé - Pascal
Réponse de mathieju - Posté le 12/09/2016
Bonsoir tous et merci pour cette masse de précisions techniques.
En fait, j'avais pris pour référence le plan de Frédéric dans la revue "Fortification&Patrimoine" no 6 d'avril 98, et Jean-Michel semble reprendre ce plan.
La végétation est actuellement très dense, telle qu'il est impossible de faire une photo d'ensemble, et même de contrôler correctement les alignements des façades. Le seul constat est qu'il n'y a pas de traces d'ouvertures (créneau FM ou issue de secours) dans les 1,20 à 1,50 m sous le seuil des créneaux de tir des 75, et cela me surprend par rapport à d'autres casemates similaires où ces ouvertures semblent plus hautes et plus proches des seuils des créneaux de tir.
Une photo sur le site:
https://lalignemaginot.wordpress.com/category/kobenbusch/
avec fossé inondé montre l'existence d'une ouverture apercevable à droite sous le bord du fossé actuellement remblayé, créneau FM sans doute. Je suppose que les croquis existants ne tiennent pas compte des différences de niveaux dans les blocs, et que la sortie de secours se trouvait (logiquement) sous le niveau de l'arase supérieure du mur de retenue du fossé, et que c'est la raison pour laquelle aucune trace n'est apparente.
Bien cordialement.
Réponse de Frédéric Lisch - Posté le 12/09/2016
Salut à tous,
De mémoire, il me semble que l'issue de secours de ce bloc a été murée lors de sa prise en charge par EDF en 1985. Ceci afin d'éviter intrusions et autres débordements dans le bloc et, a fortiori, dans l'ouvrage. De fait, il parait logique que l'on ne voit plus rien de cette issue.
Pour information, le niveau du sol de la casemate, qui est également celui de l'issue de secours, a un écart en hauteur de 1,95 m avec le centre de tourillonnement des canons. Le créneau de défense du fossé se trouve sous le niveau supérieur du fossé diamant.
Frédéric Lisch.
Réponse de jolasjm - Posté le 12/09/2016
Bonsoir
La 2e photo du B7 du site https://lalignemaginot.wordpress.com/category/kobenbusch/ montre en effet très clairement le créneau FM de défense de façade, qui est sous le niveau de la margelle du fossé diamant. Ce créneau qui a bien existé serait donc remblayé sous terre de nos jours.
Chose intéressante, en regardant bien on peut apercevoir l'encadrement de l'issue de secours sur la première photo de ce même bloc 7. Le haut de cette issue semble se trouver une trentaine de centimètres sous l'altitude du bas des créneaux de 75. Elle se trouverait aujourd'hui proche du niveau du sol de nivellement, si ce n'est partiellement recouverte. Par contre, je pense que Frédéric a raison concernant le murage "propre" de cette issue.
Cordialement
Jean-Michel
Réponse de jolasjm - Posté le 12/09/2016
Dernière modification par Pascal le 13/09/2016.
... cette photo visible sur lignemaginot.com (reproduction interdite sans l'accord du site) montre très bien la situation au moment du remblayage et on y voit très bien l'IS obturée et bétonnée juste au ras du sol (carré plus blanc au fond de la photo)
Bien cordialement
Jean-Michel
Réponse de mathieju - Posté le 13/09/2016
Merci à tous.
Je ne me pose plus de questions.
En dépit de l'invisibilité de l'ensemble de la façade actuellement, je suis convaincu qu'elle est finalement bien conforme aux "standards" des casemates d'artillerie telles que présentées dans la littérature.
Bien que je savais que les entrées du Kobenbusch avaient été murées par EDF, je n'avais pas pensé à la sortie de secours du bloc 7, ce que Frédéric a bien mentionné, car en fait une autre sortie de secours en casemate que je connais n'a pas été murée, et je n'avais pas pensé à ce détail. .
Avec mes remerciements et bien cordialement.
Jules Mathieu
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