La 4° Légion de la Garde Républicaine Mobile est créée par la circulaire n°19147 du 13 mai 1929. Elle est affectée à la 20° Région militaire, et son état-major est stationné à Nancy, avec des pelotons cantonnés au fort de Frouard. En 1932, elle est commandée par le Col HURIET.(1)
La 11° Cie de la 4° Légion de Garde Républicaine Mobile (4° LGRM) fait partie du 3° Groupe de la 4° LGRM, stationné à Wissembourg avant la guerre. Les pelotons 535 et 553 occupait le Quartier Hoche
Entrée de la Caserne Hoche Dès le 23 août, les pelotons de la 3° Cie prennent position sur leurs postes de surveillance le long de la frontière. À partir du 24 août, le peloton motorisé 89 (PM 89) s’installe dans la maison forte de Lauterbourg, avant de se déployer aux postes de contrôle de Uhrwiller et Minversheim.
La 11° Cie, placée sous le commandement du Cne VENTRILLARD est déjà stationnée dans le secteur en temps de paix, est chargée du déploiement dans les avant-postes et maisons fortes situés sur la ligne frontière.
Chaque peloton met sur pied une compagnie de gardes-frontières. L’effectif total des Gardes frontaliers comprend trois compagnies, totalisant un peu plus de 300 hommes, stationnés aux avant-postes des trois sous-secteurs. Chaque compagnie de gardes-frontières est composée d’un encadrement issu de la GRM, fort de 20 hommes, gardes et gradés compris.
PM 533 – Sous-secteur Climbach
Zone d’action allant de la côte 385 à la sortie Est de Weiller
Lt Emile WECKER
PM 535 – Sous-secteur Wissembourg
Zone d’action de la sortie Est de Weiller au Moulins St Rémy à l’Est de Wissembourg
Slt Paul CAMPAN
WISSEMBOURG Est - Maison Forte
WISSEMBOURG Nord Est - Maison Forte
WISSEMBOURG Nord Ouest - Maison Forte
Blockhaus de WISSEMBOURG
PM 537 – Sous-secteur Schleithal
Zone d’action du Moulins St Rémy à l’Est de Wissembourg à l’ouest à la rivière Grossgraben situé à l’ouest de Scheibenhard.
Lt Albert DURET
ALTENSTADT Est Poste GRM - Maison Forte
ALTENSTADT Nord Poste GRM - Maison Forte
SCHLEITHAL Est Poste GRM- Maison Forte
SCHLEITHAL Est Poste GRM- Maison Forte
Maison Forte de SCHLEITHAL Est PM 539 – Sous-secteur Lauterbourg
Zone d’action de Scheibenhard au long du Rhin
Lt Adrien DUREN
MF de SCHEIBENHARDT Nord
MF de SCHEIBENHARDT Ouest
NIEDERLAUTERBACH Poste GRM - Maison Forte
SALMBACH Est Poste GRM- Maison Forte
PM 89 - Sous-Secteur de Soufflenheim
Lt BESCOND
MF de LAUTERBOURG
La 11° Cie occupe également les postes en gare de :
Wissembourg
Hunspach
Lauterbourg
Mothern
Seltz
Le 28 août, les pelotons participent à la destruction de plusieurs ponts sur la Lauter. Du 6 au 8 septembre 1939, le PM 537 est intégré à un groupe de combat et prend part à plusieurs coups de main. Ces actions valent au Lt DURET les félicitations du commandant de secteur. Le Mdlc MAYLIN et le gendarme PRIMM, appartenant aux Gardes frontalières, sont quant à eux cités à l’ordre du régiment par le Gal BOURRET, le 25 février 1940, pour leur participation aux opérations menées par le PM 539 le 7 septembre 1939.(3)
Le premier blessé des troupes françaises au combat sera un garde de la 4° LGRM. Aloys MATZ matricule 1752 du PM 535 de la 11°Cie sera blessé par balle à la main aux premières heures du 7 septembre dans le secteur de Wissembourg (4)
Le 9 septembre, le PM 535 assure la couverture d’un important coup de main conduit par la 2° Cie du 3° RTM sur le village de Schweigen. L’ouvrage du Hochwald-Est, situé sur la Ligne Maginot, soutient l’attaque du 3° RTM en ouvrant le feu sur les positions allemandes. Ce tir marque un moment historique : il s'agit du premier tir effectué par les ouvrages de la Ligne Maginot contre les forces ennemies pendant le début de la Seconde Guerre mondiale. (5)
Le 12 septembre, les compagnies de Gardes Frontaliers sont dissoutes. Les pelotons motorisés 535 et 533 passent alors sous le commandement du Groupe de Reconnaissance de Division (GRD) 46. Le PM 537 est stationné à Schleithal, tandis que le PM 539 est rattaché au GRD 43.
Par ordre du général commandant le secteur fortifié de Haguenau, en date du 19 septembre 1939, les blockhaus fortifiés du Groupe de Résistance de Mitrailleuses (GRM) sont désormais exclusivement tenus par les PM 535 et 539. Ces deux pelotons forment une compagnie unique, dont le poste de commandement est établi à Durrenbach.
ALTENSTADT Est Poste GRM - Maison Forte
ALTENSTADT Nord Poste GRM - Maison Forte
WISSEMBOURG Est - Maison Forte
WISSEMBOURG Nord Est - Maison Forte
WISSEMBOURG Nord Ouest - Maison Forte
Maison Forte d'Altenstadt Est Le 29 septembre, ils sont relevés par des éléments des GRD 46 et 32.
À la fin du mois de septembre, les PM 533 et 537 rejoignent Alteckendorf, où ils sont placés en réserve générale de la 5°Armée. Le PM 539 est dirigé vers Haguenau, tandis que le PM 535 regagne Durrenbach.
La 11° Cie est affectée à la prévôté de la 5° Armée, où elle assume diverses missions de maintien de l’ordre et de régulation de la circulation pendant la campagne de 1939-1940.
Le PM 89 est d'abord chargé de missions de défense contre avions (DCA) et de lutte anti-parachutiste. Par la suite, il prend part aux combats de la bataille de la Somme, avant de se replier vers Bordeaux le 13 juin 1940. À Bordeaux, le PM 89 est affecté à des missions de sécurité et d’encadrement dans la ville.
Les autres pelotons de la 11°Cie soutiennent le repli de la 5° Armée à travers les Vosges et participent aux derniers combats dans cette région, marquant ainsi la fin de leur engagement actif avant l’armistice.
1) www.aladr.free.fr
2) Rapport du Cne VENTRILLARD du 21 juillet 1941, SHD 34N11212
3) SHAT Fonds Gamelin 1 L 224, Carton 9 / Le Drame de l’Armée Française du Front Populaire à Vichy Gérard CHAUVY p330
4) Faites sauter la Ligne Maginot, Roger BRUGE Edition Fayard édition 1987 p67
5) Philipe Masson, Précis d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Paris, Tallandier, 1992,
Service historique de la défense - 34 N 1121
Le financement du casernement des formations mobiles de la gendarmerie entre 1921 et 1939 | SNHPG
La Gendarmerie Mobile, Colonel FRANQUE, Revue Historique de l’Armée n° 185 1991
Yann Galera (aspirant), La Garde républicaine mobile à l’épreuve du 6 février 1934, Maisons-Alfort, SHGN, 2003, 189 p.
Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherche, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, p. 64.
Georges Philippot (général), « D’une militarité de statut à une militarité d’emploi », conférence du 6 avril 2004, Paris IV, dans le cadre du séminaire « Gendarmerie, identité nationale et régulation sociale ».
Besson (général), Pierre Rosière, Gendarmerie nationale, Paris, Xavier Richer, 1982, pp. 240-241.
Note de l’EMA n° 358 1/EMA, 1er bureau, Paris, 7 septembre 1939, sur la répartition et regroupement des effectifs de la GRM, SHD-DAT, 7 N 2463.
Besson (général), Encyclopédie de la gendarmerie, volume 2, SPE-Barthelemy, 2005, p. 60.
Historique du 4e groupe de la 7e légion de la GRM, n° 692, du 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Historique du 4e groupe de la 7e légion de la GRM, n° 692, 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport n° 466, du capitaine Coulin, sur l’utilisation de la 3e compagnie de la 7e légion de la GRM comme unité combattante au cours de la guerre 1939-1940, Pontoise, le 7 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport du Capitaine Ventrillard, ex-commandant de la 11e compagnie de la 4e légion de la GRM, sur l’emploi de cette unité (1939-1940), 23 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport de l’adjudant Zingraff sur les opérations auxquelles il a participé avec la 3e compagnie de la 7e légion de GRM, Vichy, 20 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Emmanuel HORNY