La 13° Légion de Garde Républicaine Mobile est créée le 1ᵉʳ avril 1939.
Ses effectifs sont constitués à la fois de nouvelles recrues et de gardes issus des pelotons de la 6° LGRM. (1)
Son état-major est installé à la caserne Remicourt de Saint-Quentin, tandis que ses pelotons sont déployés sur les secteurs fortifiés de Montmédy et de Maubeuge, ainsi que sur le secteur défensif des Ardennes.
La 7° Compagnie de la 13° Légion est quant à elle stationnée dans la nouvelle caserne d’Hirson, dont la construction a débuté en 1937. Cette caserne correspond aujourd’hui à la caserne POLLIOT, ainsi nommée en mémoire du Mdlc Marcel POLLIOT, de la 7° Compagnie de la 13° LGRM, tombé au combat lors de la campagne de France en 1940.(2)
Le 11 mars 2022, une stèle a été inaugurée en mémoire des gardes mobiles tombés en 1940 et lors des opérations ultérieures.(2)
En 1939, la 7° Compagnie est composée de trois pelotons à cheval, placés sous le commandement du Cne PIERRISNARD :
PM 297 – Adjc BARBIER
PM 299 – Lt BUE
PM 295 – Adjc DION
Bien que créée tardivement, la 13° LGRM participe à toutes les missions de temps de paix confiées aux Gardes Républicains Mobiles.
Le peloton 295, commandé par l’Adjc DION, est notamment détaché d’avril à fin août 1939 pour assurer la surveillance du camp de prisonniers espagnols de Gurs.
Un peloton se compose de 36 gardes et 3 sous-officiers, sous les ordres d’un lieutenant ou d’un adjudant-chef. Il dispose de 41 chevaux, d’une camionnette et d’une motocyclette destinés aux liaisons.
Le 22 août 1939, à 23 heures, le Cne PIERRISNARD reçoit de la place d’Hirson l’ordre de mettre en œuvre les mesures de « surveillance et fermeture de la frontière ».(3)
Le 23 août, les pelotons sont mis sur pied de guerre et quittent la caserne dès 5 heures du matin afin d’occuper les positions prévues, conformément au plan de défense, le long de la frontière belge.
L’implantation, au matin du 24 août, est la suivante :
7° Cie – Cne PIERRISNARD
PC Caserne Hirson
PM 295 – Adjc DION
Le PM 295 est rappelé d’urgence du camp de prisonniers espagnols de Gurs et rejoint son secteur de surveillance le 24 août. Ses gardes y sont déployés sur neuf postes de surveillance, établis entre Eppe-Sauvage, au nord-est de Trélon, et la passe d’Anor. Ils sont positionnés :
aux douanes d’Ohain, de Wallers-en-Fagne, de Moustier-en-Fagne et d’Eppe-Sauvage.
aux postes de surveillance suivants :
Poste n°108 de Moustier-en-Fagne
Poste n°109,110 et 110 bis de Baives,
n°114 de le Trieux Melsart ( Douane)
Postes n°115 et 116 du secteur de la Passe d’Anor ai
Poste n°117 à la Gare d’Anor
Le PM 295 tiendra également deux postes d’interrogatoire à Trélon et à Anor.
PM 297 – Adj BARBIER
Il tiendra sept postes de surveillance sont établis entre Anor et Signy-le-Petit. Parmi eux figure notamment :
le poste de surveillance de La Macquenoise avec occupation des points suivants :
le poste de Surveillance de la Neuville aux Joutes avec la responsabilité des dispositif de mine permanent suivants :
le poste de Surveillance de la Hobette avec la responsabilité des dispositif de mine permanent suivants :
le poste de surveillance à la frontière au nord de Signy le Petit avec la responsabilité des dispositif de mine permanent suivants :
le poste de Surveillance secteur de Signy le Petit avec la responsabilité des dispositif de mine permanent suivants :
Le poste d'interrogatoire d'Hirson sera également tenue par des éléments du PM 297
PM 299 – Lt BUE
Le peloton assure la surveillance d'un secteur compris entre Le Cendron et un poste situé à 3 km au sud-ouest du pavillon de Diane, sur la route de Rocroi à Fumay.
Il assurera la tenue des postes de surveillance suivants :
Poste de La Gruerie
Poste du secteur de Regniowez
Poste du secteur de la commune de Taillette
Deux postes d’interrogatoire sont également tenus, à Signy-le-Petit et à Rocroi.
Pour assurer la surveillance des postes-frontières, le Cne PIERRISNARD dispose en renfort des compagnies de douanes d’Hirson Nord et Sud, ainsi que de la lieutenance de Trélon.(3)
La 7° compagnie est alors déployée dans la zone d’opérations tenue par le 2° Corps d’Armée (7° DI), remplacé en novembre par le 11° Corps d’Armée.(1)
La surveillance exercée aux postes-frontières et aux points de contrôle de circulation impose que tout civil ou militaire circulant en avant de la ligne de fermeture présente ses papiers.
En cas de présentation d’un laisser-passer, l’itinéraire mentionné doit être vérifié ; en cas de doute, l’individu est dirigé vers le poste d’examen du secteur. Les postes-frontières disposent en outre d’une liste nominative des personnes autorisées à franchir la frontière. (4)
Pour assurer la bonne exécution des consignes, chaque poste de surveillance de la 7° Compagnie de la 13° LGRM comprend (1) :
2 gardes mobiles
un nombre variable de douaniers
1 fusil-mitrailleur modèle 1915
Chaque poste d’interrogatoire est composé de :
1 gradé issu de la GRM
2 gardes mobiles
3 à 4 réservistes
Le secteur connaît d’importantes évolutions : le Détachement d’Armée des Ardennes devient, le 20 novembre 1939, le Secteur Défensif des Ardennes, qui prend, le 11 janvier 1940, l’appellation de 41° Corps d’Armée de Forteresse.
Durant toute la « Drôle de Guerre », les pelotons montés de la 7° Compagnie de la 13° LGRM coopèrent avec les unités stationnées dans le secteur, notamment la 4° Division d’Infanterie Nord-Africaine (4° DINA).
DAA au 10 mai 1940
le PM 295 devient le PM 28/01
le PM 297 devient le PM 29/1
le PM 299 devient le PM 30/1
L’ancienne 7° Compagnie de la 13° LGRM est intégrée au 3° Groupe de la nouvelle 1°LGRM, placé sous le commandement du Cba BARRIOT, dont le poste de commandement est établi à Charleville
Le 10 mai 1940, à 6 h 30, le Cne PIERRISNARD reçoit la mesure d’alerte n°3, transmise par la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (102° DIF).
À partir du 11 mai, les trois pelotons montés de l’ancienne 7° Compagnie de la 13° LGRM assurent le contrôle des réfugiés belges, mais également des premiers fuyards et isolés, en collaboration avec des officiers de la IX° Armée. (3)
Le 14 mai, le poste de commandement du 3° Groupe, dirigé par le Cba BARRIOT ,quitte Neuville-lès-This pour se replier au quartier de l’ancienne 7° Compagnie, à Hirson.
Le PM 31/20 (ex-PM 214 de la 10° Compagnie de la 6° LGRM de Stenay), stationné dans la région de Fumay, est alors chargé d’assurer le maintien de l’ordre en ville. (6)
Le 15 mai, face à l’avancée des troupes allemandes et au repli des forces de la IXᵉ Armée, le Cba BARRIOT, chef du 3° Groupe de la 1° LGRM, reçoit l’ordre de repositionner l’ensemble de ses cinq compagnies, incluant les pelotons du Cne PIERRISNARD
L’ancienne 7° Compagnie de la 13° LGRM reste sur son secteur, mais le peloton du Lt BUE reçoit pour mission, le 15 mai à 22 h, d’occuper , avec 15 gardes de l’ex-PM 299, les blockhaus situés dans la forêt d’Hirson.(3)
Blockhaus A26 - Furet
la Ligne Principale de Résistance (LPR), en avant,
la Ligne d’Arrêt (LA), en arrière, où devaient se tenir les réserves chargées de contre-attaquer.
Parmi les emplacements tenus par l’ex-PM 299 dans la forêt d’Hirson, on peut citer les blockhaus suivants :
Blockhaus A25 - PATTE D'OIE La journée du 15 mai est marquée par un afflux important de militaires en repli, souvent sans ordres (6). La ville d’Hirson, véritable carrefour, se retrouve submergée par ce flot de soldats isolés (7).
La nuit du 15 au 16 mai est très agitée. Devant l’avancée allemande, les postes tenus par les pelotons de la GRM se replient progressivement, à l’exception de ceux du Lt BUE, qui conservent leurs positions dans la forêt d’Hirson.
L’ex-PM 295, stationné dans le secteur de Trélon depuis mars 1940, reçoit l’ordre de se replier à 4 h vers l’ouest de la route de La Capelle–Mondrepuis. Le PC de la compagnie se replie quant à lui à Vervins. L’évacuation de la caserne GRM d’Hirson et le déplacement du PC du 3° Groupe est également ordonné en direction de Vervins.
Photo ou document 142387 non trouvé
À l’aube du 16 mai, les différents éléments du 3° Groupe de la 1° LGRM, dont les gardes du Cne PIERRISNARD, se mettent à disposition de la Prévôté de la IX° Armée, avec pour mission d’assurer la défense rapprochée du PC de cette armée. La liaison est maintenue entre le Cne PIERRISNARD et ses pelotons 28/01 et 29/01.
Le PM 30/01 se replie à partir de 14 h de ses positions en direction de Vervins. Au cours de sa retraite motorisée, il traverse un convoi allemand en progression vers la ville. Une erreur de direction conduit ses hommes, dans la soirée du 16 mai, à Laon, où ils sont placés à disposition du Cba CHAROLLAIS, chef de la compagnie de gendarmerie de l’Aisne, afin de participer à la défense de la ville.
Dans la matinée du 16 mai, les éléments de la GRM protégeant le QG de la IX° Armée quittent Vervins pour rejoindre Bohain, où s’installe le nouveau PC du Gal CORAP. En route, une partie des pelotons 28/01 et 29/01 rejoint le Cne PIERRISNARD Ces unités viennent compléter les compagnies regroupées du 3° Groupe de la 1° LGRM, chargées de la protection du QG ainsi que de la régulation de la circulation dans Bohain.
Le 17 mai, divers éléments de pelotons issus des 6° et 13° LGRM se regroupent à Bohain, mise en état de défense. À 14 h, ces effectifs sont organisés en deux compagnies de fusiliers-voltigeurs, placées sous les ordres du Cba BARRIOT Des obstacles sont établis sur les routes Bohain–Péronne, Bohain–Cambrai, Bohain–Le Cateau et Bohain–Becquigny.
Le 18 mai, le QG de la IX° Armée doit se déplacer à Le Catelet. Les éléments de la GRM quittent Bohain à 12 h, mais se heurtent, après une demi-heure de route, à des motocyclistes allemands à Brancourt-le-Grand. L’ennemi est repoussé par l’action énergique des gardes mobiles.
Photo ou document 142386 non trouvé
Arrivés à 15 h 30 à Le Catelet, les gardes sous le commandement du Cne PIERRISNARD participent immédiatement à l’organisation défensive de la localité.(3)
À 17 h, la localité est investie par des automitrailleuses allemandes. Le Cne PIERRISNARD, accompagné d’une dizaine de gradés et de gardes, prend position dans un petit bois dominant la ville afin de contenir l’infanterie ennemie.
Au cours des combats, le Mdlc POLLIOT, ainsi que les gardes MEROU, JEAN, JANIN et JAMMET, sont blessés.(3)
Les Allemands encerclent la localité. Le détachement de gardes et de soldats, placé sous la conduite du Cba BARRIOT, décide alors de se replier en franchissant le canal de l’Escaut à Vandhuile. Talonnés par les blindés ennemis, ils poursuivent leur retraite à travers les marais en direction de Mennecourt. Durant ce mouvement, le Cne VASSEUR (1° Compagnie de la 13° LGRM) est blessé, ainsi qu’un garde de la compagnie du Cne PIERRISNARD. (6)
Photo ou document 142385 non trouvé
La nuit permet au détachement de poursuivre son repli et de marquer une halte. Aucune troupe française n’est rencontrée. Ce n’est qu’au matin du 19 mai qu’ils croisent un convoi du Génie. Le Cba BARRIOT donne alors l’ordre au Cne PIERRISNARD d’évacuer les blessés, dont le Cne VASSEUR, vers Amiens, où ils arrivent à 10 h. Deux de ces blessés seront tués lors du bombardement d’Amiens à 12 h 30. (6)
Le Cne PIERRISNARD quitte la ville à 17 h et poursuit le repli vers le sud de Beauvais.
Le 24 mai, il rejoint à Melun les rescapés des compagnies de la 13° LGRM.
Le PM 30/01 a, pour sa part, participé durant trois jours à la défense de Laon, avant de suivre le mouvement de repli.(8)
Le 25 mai, la 10° Compagnie est reconstituée et comprend désormais quatre pelotons :
28/01
29/01
21/01 (provenant de la 8° Compagnie de la 6° LGRM)
30/01
Ces unités sont placées à la disposition du GQG T.O.N.E.
Le 4 juin, les pelotons 28/01 et 29/01 se dirigent vers Clermont (Oise) et Compiègne, où ils sont mis à la disposition de la prévôté de la 7° Armée.
Le 9 juin, le Cne PIERRISNARD et le reste de la compagnie se portent à Vineuil-Saint-Firmin et Saint-Léonard. Dans la nuit du 9 au 10 juin, l’ordre de repli est donné en direction de Romainvilliers.(3)
Au cours des journées suivantes, les effectifs de la 10° Compagnie poursuivent le mouvement général de retraite des troupes françaises. Les bombardements, ainsi que les patrouilles de sûreté, occasionnent de nouveaux blessés, notamment lors du bombardement de Senlis et au cours des passages en force effectués dans la région de Breteuil et Montdidier.
Le 16 juin, le Cne PIERRISNARD et les gardes restants des PM 29/01 et 21/01 assurent la garde et la régulation du passage des convois français se repliant par le mont de Châteauneuf-sur-Loire.(3)
Les rescapés de la 10° Compagnie apprennent la signature de l’armistice le 25 juin à Pérignac.
Durant la campagne de France, l’ancienne 7° Compagnie de la 13° LGRM a subi les pertes suivantes(3) :
1 officier fait prisonnier,
3 maréchaux des logis faits prisonniers,
5 gardes blessés,
1 garde tué,
1 maréchal des logis-chef tué,
2 disparus.
1) La Garde Républicaine Mobile, Michel MEISSNER, Terres Ardennaises, Hors Série Avril 2004
2) Blog de . JJ THOMAS, Maire d’Hirson : UN 80e ANNIVERSAIRE MARTIAL POUR L’ESCADRON DE GENDARMERIE MOBILE APPELÉ A GRANDIR. - Le blog de Jean-Jacques THOMAS
3) Rapport du Cne PIERRISNARD du 13 août 1941 SHD 34 N 11212
4) Des balcons en fôret, Maisons fortes des Ardennes 1939-1940, Terres Ardennaises, Hor Série février 2001
5) Note du Gal ROTON du 03 février 1940 sur la réorganisation des GRM SHD 34 N 11212
6) JMO du 3°Groupe de la 1°LGRM, Cba BARRIOT du 20 juillet 1940 SHD 34 N 11212
7) Hirson | Chemins de mémoire : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/hirson
8) Rapport de l’Adjc DION du 12 août 1941, SHD 34 N 1122
Emmanuel HORNY