SERVEUR DE TEST

13° LGRM - 5° Cie

(GRM)






Origine :

Le quartier Dubois-Crancé accueille, depuis décembre 1931, les PM 233 et 235 du 1° groupe de la 6° Légion de Gardes Républicains Mobiles (LGRM). (1)

En janvier 1932, ces unités deviennent la 9° compagnie de la même légion.

Outre les missions habituelles confiées à la Garde Républicaine Mobile, la 9° compagnie prend rapidement conscience de sa mission spécifique de surveillance des frontières, essentielle dans le contexte de l’époque. (1)

Placée sous le commandement du Cne FIDELAIRE, la compagnie se renforce d’un troisième peloton, ce qui entraîne une adaptation du site et une évolution des casernements afin de répondre à l’augmentation des effectifs. (1)

En 1934, la 9° compagnie devient successivement la 11°, puis la 5° compagnie de la 6° LGRM.

Le journal local Le Petit Ardennais , dans son édition du 1er février 1936, décrit alors le quartier Dubois-Crancé comme « la plus belle caserne de GRM de France ». (1)

Photo ou document 143356 non trouvé

En effet, contrairement à d’autres cantonnements, la 9° compagnie bénéficie d’un cadre moderne et fonctionnel comprenant une cour d’honneur pouvant être aménagée en terrain de basket ou de football, ainsi qu’une piste cavalière de 17 obstacles.

Le cadre de vie des gardes fait également l’objet d’une attention particulière, avec la présence d’une épicerie, d’un salon de coiffure et d’équipements dédiés aux enfants des familles logées sur place. (1)

Toujours commandée par le Cne FIDELAIRE assisté des Lt DAILLY, BRISNTER et VOISIN et de l’adjudant-chef HAUDECOEUR, le quartier Dubois-Crancé abrite alors plus de 250 personnes vivant en permanence dans ses murs. Ces hommes et leurs familles participent activement à la vie de la ville de Charleville, notamment à travers leur présence dans les manifestations sportives et locales, renforçant ainsi les liens entre la garnison et la population. (1)


Photo ou document 143355 non trouvé Photo ou document 143354 non trouvé

Le Quartier Dubois-Crancé

Les missions des pelotons de la Garde Républicaine Mobile à Charleville (1933–1936)

De 1933 à 1935, les pelotons de la Garde Républicaine Mobile (GRM) participent, comme ceux des autres légions de France, aux opérations de maintien de l’ordre.

Ils sont notamment déployés :


  • en 1931, dans le Nord de la France, pour encadrer la grève de l’industrie textile ;

  • en 1932, à Dunkerque, lors de la grève des dockers ;

  • puis en 1934 et 1936, à l’occasion de nouveaux mouvements sociaux d’ampleur nationale.


Outre cette mission traditionnelle de maintien de l’ordre, les pelotons de Charleville conservent pleinement leur caractère militaire.

Ils participent chaque année à des manœuvres conjointes avec les unités locales, notamment le 91° Régiment d’Infanterie (RI), le 17° Régiment d’Artillerie de Campagne (RAC) et le 12° Bataillon de Chasseurs à Pied (BCP). (1)

Les pelotons sont également mobilisés pour des missions de surveillance des frontières, en mars 1935, à la suite du rétablissement du service militaire en Allemagne, puis en 1936, après la réoccupation de la Rhénanie. Durant ces périodes de tension, ils sont déployés le long de la frontière et logés chez l’habitant, illustrant ainsi leur rôle essentiel dans la vigilance et la défense du territoire. (1)


La montée des tensions européennes et la mobilisation de 1938 (1)

Le 1er avril 1935, la 6° LGRM crée le 4° Groupe. Les pelotons de Charleville deviennent la 11° Cie de la 13° LGRM
En 1938 la 11° Cie de la 6° LGRM sous les ordres du Cne BREDA, se compose de trois pelotons à cheval : (1)


  • PM 233 – Lt BRINSTER ;

  • PM 235 – Lt DALY;

  • PM 269 – Lt VOISIN



L’évolution rapide de la situation en Europe conduit, en juillet 1938, les parlementaires français à adopter plusieurs mesures destinées à faciliter le passage du temps de paix à celui de guerre. Le 9 août 1938, un Comité central de surveillance des frontières est créé, placé sous l’autorité des préfets et décliné dans chaque département frontalier. (1)

L’annexion des Sudètes par l’Allemagne, à l’automne 1938, entraîne le déclenchement des premières mesures de mobilisation. La 11° compagnie de Charleville est alors déployée sur la frontière, avec trois missions principales :

  • Être en mesure d’opérer immédiatement, dès le déclenchement de l’alerte régionale, en unité de combat de cavalerie constituée. ;

  • Assurer la surveillance d’un secteur de 70 km de frontière, comprenant 31 postes de veille et 6 postes d’examen qui lui sont attribués;

  • Encadrer les compagnies de gardes frontaliers du secteur défensif des Ardennes, réparties comme suit :

Peloton 269 : encadrement de la compagnie de Mézières (1 capitaine, 1 adjudant-chef, 25 gardes)
Peloton 235 : encadrement de la compagnie de Monthermé (1 officier, 13 gardes)
Peloton 233 : encadrement de la compagnie de Givet (1 officier, 17 gardes)


La démobilisation intervient le 25 octobre 1938, mais l’étendue du secteur à surveiller pousse l’état-major de la 6° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) à créer un groupe de motocyclistes, réparti en deux compagnies stationnées à Givet, Mézières, Sedan et Mouzon.(1)

Dans la continuité de cette réorganisation, il est également décidé de former des brigades frontalières.

Le département des Ardennes en comptera douze, chacune composée d’un adjudant, d’un maréchal des logis et de huit gendarmes.(1) Ces brigades sont chargées d’assurer la permanence du contrôle aux postes d’entrée du territoire, consolidant ainsi le dispositif de vigilance à la veille du conflit.

Le 1er avril 1939, la 13° LGRM est crée à partir d’éléments de la 6° LGRM. La 11° Cie de la 6° LGRM devient la 5° Cie de la 13° LGRM.(1)


Août 1939 à décembre 1940

Le 24 août 1939, la 5° compagnie de la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) reçoit l’ordre de rejoindre ses emplacements de surveillance à la frontière, à la suite du déclenchement de la mesure n° 21, marquant la phase de mobilisation générale. (1)

Le PM 233, placé sous le commandement du Lt BRISNTER, se déploie dans le secteur de Givet avec pour mission principale la fermeture de la frontière et l’encadrement de la 1° compagnie de Gardes Frontaliers de Givet.(5-4)

De son côté, le PM235, commandé par le Lt DALY, occupe avec le 21° bataillon du 91° régiment d’infanterie (RI) les maisons fortes établies le long de la ligne de couverture du secteur. (1-2)




MF2 - B - ESPERANCE (HAUTES RIVIERES) - (Poste GRM - Maison Forte) Maison Forte MF2 - B - ESPERANCE (HAUTES RIVIERES) - (Poste GRM - Maison Forte)



Le PM 269 sous le commandement du Lt VOISIN occupe les maisons fortes de (1-2-3):


MF7 - I - RUMEL - (Poste GRM - Maison Forte) Maison Forte MF7 - I - RUMEL



Les différents pelotons de la 5° compagnie de la 13° Légion de Garde Républicaine Mobile (LGRM) assurent également la tenue des centres d’examen dans leurs zones respectives. (3)

La surveillance exercée aux postes-frontières et aux points de contrôle de circulation impose que toute personne, civile ou militaire, circulant en avant de la ligne de fermeture, présente ses papiers d’identité. En cas de présentation d’un laissez-passer, l’itinéraire indiqué doit être scrupuleusement vérifié ; en cas de doute, l’individu est dirigé vers le poste d’examen du secteur. Les postes-frontières disposent, en outre, d’une liste nominative des personnes autorisées à franchir la frontière.


Pour assurer la bonne exécution des consignes, chaque poste de surveillance de la 5° Compagnie de la 13° LGRM comprend (1) :

  • 2 gardes mobiles

  • un nombre variable de douaniers

  • 1 fusil-mitrailleur modèle 1915


Chaque poste d’interrogatoire est composé de :


  • 1 gradé issu de la GRM

  • 2 gardes mobiles

  • 3 à 4 réservistes


Le secteur connaît plusieurs évolutions administratives au fil du conflit : le Détachement d’Armée des Ardennes devient, le 20 novembre 1939, le Secteur Défensif des Ardennes , avant de prendre, le 11 janvier 1940, l’appellation de 41° Corps d’Armée de Forteresse.

Durant toute la période dite de la « Drôle de Guerre », les pelotons montés de la 5° compagnie de la 13° LGRM coopèrent étroitement avec les unités stationnées dans le secteur, notamment le 148° régiment d’infanterie de forteresse (RIF) et le 136° RIF , contribuant à la surveillance et à la défense du front ardennais. (6)


Janvier 1940 à avril 1940

En janvier 1940, le secteur défensif des Ardennes fait l’objet d’une nouvelle réorganisation. Les pelotons de la Garde Républicaine Mobile (GRM) sont placés sous l’autorité de la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF). (5-3-4)
En février 1940, après un court rattachement à sein de la 8° Cie de la 6° LGRM, et comme l’ensemble des unités de la Garde Républicaine Mobile, la 5e compagnie de la 13° Légion voit son organisation révisée, tout en demeurant sur ses positions. (3)


Elle intègre à compter de cette date la 1°LGRM.


Ainsi :


  • le PM 233 devient le PM 22/01

  • le PM 235 devient le PM 23/01

  • le PM 269 devient le PM 24/01


L’ancienne 5° compagnie de la 13° LGRM est intégrée au 3° groupe de la nouvelle 1° Légion de Garde Républicaine Mobile, placée sous le commandement du Cba BARRIOT, dont le poste de commandement est établi à Charleville, au quartier Dubois-Crancé. (3)


La dissolution des Gardes Frontaliers, le 25 mars 1940, entraîne une réaffectation des pelotons. (5)


Le peloton monté 233 est remplacé par le peloton monté 21/1, commandé par le Lt LOMPRE, issu de l’ex- 7° compagnie de la 13° LGRM. Il vient renforcer les PM 235 et 269 déjà en place. (5)


Le service des pelotons se partage alors entre missions de maintien de l’ordre, surveillance et patrouilles aux frontières, ainsi que gardes dans les maisons fortes du secteur. L’ex-5° compagnie assure, à cette période, la surveillance de neuf maisons fortes, ainsi que des postes d’observation et des centres d’examen situés dans la région de Mézières, Charleville et Hautes-Rivières. (3-5)


Elle assure également la mission spéciale d’avant-postes au profit de la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF).(3-5)


De mai à juin 1940


Le 10 mai 1940, dès 5 heures du matin, un bruit sourd et continu de moteurs d’avion se fait entendre au-dessus du secteur de Charleville, marquant le début de l’offensive allemande à l’Ouest.

À 6 h 30, la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) transmet l’ordre d’alerte n° 3, entraînant la mise en position de combat de l’ensemble des pelotons issus de l’ex-5° compagnie. (3-5)

Les barricades sont ouvertes afin de permettre le passage de la 3° Brigade de Spahis, qui progresse vers la Belgique conformément au plan d’intervention prévu.

Le peloton monté 233 est alors placé sous le commandement de cette brigade et pénètre en Belgique à ses côtés. (3-5)

Les pelotons montés 235 et 269 demeurent quant à eux sur leurs positions d’avant-postes, où ils assurent la surveillance des accès, le contrôle des premiers réfugiés belges franchissant la frontière vers la France, ainsi que l’évacuation des villages frontaliers. Les postes de garde sont alors doublés afin de renforcer la vigilance face à la progression ennemie.

Dans la soirée du 10 mai, les bruits de combat se font entendre aux avant-postes tenus par les ex-PM 235 et 269. Devant la poussée allemande, les troupes françaises entrées en Belgique entament leur mouvement de repli dès le 11 mai.

Le peloton monté 233 reçoit, dans la nuit du 11 au 12 mai à 3 h 30, l’ordre de faire exécuter les destructions prévues et de se replier par échelons retardateurs en direction de Prix-lès-Mézières.

Au cours de la journée du 12 mai, l’ensemble des éléments de cavalerie se regroupe sur la tête de pont de Charleville. Les dispositions tactiques prévues pour la 5ᵉ compagnie sont alors mises en œuvre, et l’ensemble des destructions de mise en place (DMP) est exécuté, à l’exception de celle de Rogissart, qui doit être reprise à deux reprises. (3-5)

Les premiers éléments avancés allemands sont signalés en approche de la Meuse, tandis que le poste de commandement du 3ᵉ groupe de la 1ʳᵉ LGRM est déplacé à Neuville-lès-This. (3-5)

Le peloton monté 233, arrivé à 10 h 30 à Prix-lès-Mézières, reçoit l’ordre de patrouiller dans le secteur et d’assurer la défense des abords de la Meuse. (2-3-5)

Une mission similaire est confiée aux ex-PM 235 et 269, repliés avec le Cba BARRIOT, chef du 3ᵉ groupe de la 1°LGRM, à Neuville-lès-This.

Au soir du 13 mai, la situation des troupes françaises devient critique.

Les régiments d’infanterie de la 6° Panzerdivision ont franchi la Meuse dans la journée et atteignent Monthermé. (6)

Plus au nord, les lignes françaises sont percées dans la nuit du 12 au 13 mai à Dinant, en Belgique. Le 13 mai, cette tête de pont s’élargit, permettant aux premiers blindés de la 7° Panzer Division du Gal ROMMEL de franchir le fleuve. (6)

Au même moment, la 32° division d’infanterie allemande se déploie face à Givet.

Un scénario similaire se déroule à Sedan, dans le secteur fortifié de Montmédy, sur la droite du 148° régiment d’infanterie de forteresse (RIF) : le 13 mai au matin, après un premier échec, les troupes d’infanterie de la 1° Panzerdivision (Panzergruppe Kleist) parviennent à franchir la Meuse face à la 55° DI. Dans la soirée, la tête de pont allemande s’élargit considérablement, bien qu’aucun char n’ait encore traversé le fleuve. (2-3-5)

Le 14 mai, devant la dégradation rapide de la situation, le PM 233 rejoint le reste de la 5° compagnie à Neuville-lès-This. (5)

Photo ou document 143339 non trouvé

La compagnie passe alors sous le commandement direct de la 102° Division d’Infanterie de Forteresse (DIF), tandis que le reste du 3° groupe de la 1° LGRM, commandé par le Cba BARRIOT se replie en direction d’Hirson.

La mission confiée à la 5° compagnie consiste à défendre la localité en coopération avec les autres unités, tout en demeurant à la disposition de la 102° DIF.

Le 15 mai, à partir de 14 heures, les troupes allemandes sont à portée de feu des positions tenues par l’ex-5° compagnie de la 13° LGRM. La progression ennemie oblige alors au repli général du dispositif de la 102°DIF, y compris les éléments de la GRM.

Le 16 mai, le Gal PORTZERT, commandant la division, est fait prisonnier avec son chef d’état-major. La 102° DIF et le secteur défensif des Ardennes cessent alors d’exister. (6)

Les éléments de l'ex 5° compagnie poursuivent leur mouvement de repli, participant à divers combats dans l’Aisne. Le 26 mai, les éléments restants de la compagnie sont regroupés à Melun, où ils sont réorganisés en une 10ᵉ compagnie, placée par la suite sous l’autorité de la prévôté de la 7° Armée. (1-5)

À la mi-juin, une partie de la compagnie prend part à la défense des ponts de Châteauneuf-sur-Loire, avant de terminer la campagne de France au sein de la prévôté de la 7° Armée, en Dordogne, le 25 juin 1940. (5)


Notes et sources:

1) La Garde Républicaine Mobile, Michel MEISSNER, Terres Ardennaises, Hors Série Avril 2004
2) Des balcons en fôret, Maisons fortes des Ardennes 1939-1940, Terres Ardennaises, Hor Série février 2001
3) Note du Gal ROTON du 03 février 1940 sur la réorganisation des GRM SHD 34 N 11212
4) JMO du 3° Groupe de la 1° LGRM, Cba BARRIOT du 20 juillet 1940 SHD 34 N 11212
5) Rapport de l’Adj DURBECQ du 13 août 1941 SHD 34 N11212
6) Ligne Maginot - Secteur Défensif des Ardennes



Rédaction :

Emmanuel HORNY





Secteur(s) concerné(s) :SDA DDA




Page n° 1001176 mise à jour le 03/01/2026 - © wikimaginot.eu 2025 / 2026




Cette page peut receler des erreurs, des inexactitudes ou être incomplète et Nous vous invitons à nous aider à l'améliorer en y participant.

Pour cela rien de plus simple: il vous suffit de cliquer sur Nous contacter au bas de cette page pour nous faire part de vos commentaires, suggestions, corrections ou informations et nous transmettre vos photos et documents.

Merci d'avance, la communauté wikimaginot.eu