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7° Légion de Garde Républicaine Mobile

(7° LGRM)






Origine

La 7° Légion de la Garde Républicaine Mobile est créée par la décision ministérielle n°34 938 en date du 25 octobre 1931. Elle devient effective et opérationnelle à compter du 1er janvier 1932


Son état-major est basé à Reims, à la caserne Drouet d’Erlon. (1) La 7° Légion se compose de quatre groupes, totalisant un peu plus de 1 440 gardes mobiles. En août 1939, elle déploiera ses pelotons sur les secteurs fortifiés de Crusnes, Thionville, Boulay et Faulquemont.


TOUR D'AUVERGNE (3°CIE GRM) - (Camp de sureté) Camp de Sureté Tour d'Auvergne 3° Cie 7° LGRM 1939



La période de 1932 à 1936


Commandée à ses débuts par le Col LASSERET, la 7° Légion de la Garde Républicaine Mobile (7° GRM) est créée pour assurer le maintien de l’ordre en tout point du territoire national.

En dehors de ses missions de maintien de l’ordre, ses effectifs sont régulièrement détachés en renfort auprès des brigades de la gendarmerie départementale.


Le recrutement en Gendarmerie privilégie les militaires en service ou anciens militaires. Les officiers et certains sous-officiers sont formés à l’École d’application de Versailles, après avoir satisfait à des critères moraux stricts et réussi un examen d’admission. Une formation intensive de six mois prépare ces recrues à intégrer la GRM. La formation est militaire, technique et physique, visant à constituer des cadres compétents pour les unités combattantes.


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Chaque groupe est commandé par un chef d’escadron et comprend trois compagnies dirigées par des capitaines. Chaque compagnie regroupe trois pelotons :


  • Pelotons à pied (numéros pairs)

  • Pelotons à cheval (numéros impairs)


Un peloton à cheval compte 40 sous-officiers et 39 chevaux. Initialement dotés d’une camionnette bâchée, les pelotons furent équipés de cars aménagés à partir de 1937-1938. Les commandants de compagnie utilisent des véhicules d’unité pour leurs déplacements. Le personnel des pelotons est spécialisé : garde secrétaire, automobilistes, infirmiers, trompettes, cyclistes (à pied), maréchaux-ferrants (à cheval). (2)


La 7° GRM couvre les 6° et 8° régions militaires. Lors de sa création, son implantation géographique est la suivante (7) :



En 1934, le Lcl Paul AGOSTINI devient l’adjoint au Colonel de la 7° GRM et prendra le commandement de la légion en mars 1936 jusqu’en octobre 1938. (3)


La GRM prend part aux manœuvres annuelles dans les camps militaires régionaux, où elle effectue des exercices de combat en groupe ou en peloton, ainsi que des séances de tir avec diverses armes (mousqueton, mitrailleuse, canon, mortiers, etc.). (3)


Des officiers, gradés et gardes peuvent être détachés dans les corps de troupe pour commander des unités lors de ces exercices. Les résultats sont évalués chaque année par des commissions d'examen, qui délivrent les certificats et brevets de chef de peloton et de section. Enfin, la GRM contribue également à l’instruction des réserves.


Durant l'entre-deux-guerres, la 7° Légion de la Garde Républicaine Mobile (7° GRM) est régulièrement déployée en dehors de sa zone de stationnement. Elle intervient notamment en Andorre, en Corse, ainsi que le long des frontières sarroise et espagnole.


Elle est engagée lors des émeutes du 6 février 1934 à Paris, et participe, en 1936, au dispositif de surveillance de la frontière espagnole, à la suite de la débâcle des républicains espagnols pendant la guerre civile.
Comme toutes les unités de GRM présentes dans les secteurs fortifiés, la 7° GRM est également chargée d'assurer la sécurité des chantiers de la Ligne Maginot, en protection des travaux d’infrastructure.


Parallèlement, la restructuration des casernements libérés par la dissolution de régiments permet d’installer les premiers pelotons mobiles. Dans les années 1930, des projets de constructions adaptées aux besoins spécifiques des unités sont lancés. Ces nouveaux casernements incluent des logements individuels pour les célibataires et des appartements pour les familles.


CASERNE REVIGNY - GRM - (Camp de sureté) Caserne de Revigny - Camp de Surêté 8° et 9° Cie



En attendant l’achèvement de ces infrastructures, des immeubles et pavillons de cités ouvrières sont temporairement loués, notamment à Falck et Créhange, en Moselle. L’implantation des unités se fait progressivement, en fonction de l’avancement des programmes immobiliers. (3)



1936 : Création des pelotons frontières et missions spécifiques aux frontières

La remilitarisation de la Rhénanie par l’Allemagne, le 7 mars 1936, met fin à la zone tampon entre la France et l’Allemagne, bouleversant le dispositif défensif français. Cette évolution stratégique conduit à l’intégration des compagnies frontalières de la Garde Républicaine Mobile (GRM) dans le dispositif avancé de la ligne Maginot.


Une directive ministérielle du 15 décembre 1936 prévoit, en cas de mobilisation, le renforcement et le dédoublement des pelotons frontières grâce à l’appel de réservistes frontaliers, âgés de 40 à 48 ans (issus des 1ʳᵉ et 2ᵉ réserves). Ces gardes doivent résider dans la zone entre la frontière et la ligne Maginot et présenter des garanties de loyauté nationale. Encadrés par la GRM, ils participent à douze sessions d’entraînement annuelles, organisées sur leur terrain d’affectation, afin d’acquérir des réflexes opérationnels efficaces.


Les compagnies de Thionville, Briey, Bouzonville et Longeville-lès-Saint-Avold donnent naissance à ces pelotons frontières, formant des unités d’observation avancée face à la menace allemande.


Dès 1937, la 1° Compagnie de Thionville est motorisée. Son matériel, assemblé par le personnel lui-même, comprend notamment des side-cars René-Gillet et Gnome-Rhône, attribués selon la localisation des pelotons. (3)


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Implantation des pelotons frontières de la 7° GRM : (4)

Les quatre pelotons de la 11° Compagnie de Briey assurent la couverture du secteur fortifié de Crusnes.


Les quatre pelotons de la 1° Compagnie de Thionville sont déployés dans le secteur de Thionville, tandis que les cinq pelotons de la 2° Compagnie de Bouzonville tiennent le secteur fortifié de Boulay.


Enfin, les pelotons de la 3° Compagnie opèrent dans le secteur de Faulquemont.


À la différence des casernements de sûreté de la ligne Maginot, les casernes des pelotons frontières sont implantées en avant de la ligne fortifiée, dans des localités comme Bouzonville , Halstroff , Rustroff , etc. De ce fait, elles sont destinées à être évacuées en cas de conflit.


L’architecture de ces casernes reste globalement similaire à celle des casernements de sûreté de la ligne Maginot, combinant des bâtiments en maçonnerie avec des structures métalliques préfabriquées.


QUARTIER FAUCONNET - (Casernement) Quartier FAUCONNET du PM 517 de la 2° Cie de la 7° LGRM



Les postes avancés (5)

À la fin de l’année 1935, un réseau permanent de surveillance de la frontière est mis en place sur décision ministérielle, à la demande du gouverneur militaire de Metz. Dès 1936, un vaste programme de construction de casernes, de postes fortifiés et de maisons fortes est lancé le long des frontières du Nord-Est. Ce déploiement est complété en 1937 avec la réalisation d’installations plus structurées.


Les postes fortifiés, appelés « postes avancés », ont pour mission principale de surveiller les mouvements sur les axes routiers qu’ils contrôlent et de permettre, en cas d’attaque, l’activation à distance des charges explosives placées sur des points de destruction préalablement planifiés. De configuration généralement standardisée, ces postes se composent d’un abri en béton donnant accès à un blockhaus équipé de créneaux pour fusil-mitrailleur (FM).


Entre Ottange et Sturzelbronn, plus de 80 postes avancés sont édifiés par la Direction des Travaux du Génie de Metz. Certains d’entre eux sont implantés autour de Bouzonville. Ces postes, conçus pour accueillir un effectif de huit gardes et un officier, comportent un casernement prolongé par deux blockhaus équipés de créneaux FM. Les unités de la Garde Républicaine Mobile (GRM), affectées par roulement de sept jours, disposent également d’une moto ou d’un side-car pour leurs déplacements et patrouilles.


BOUZONVILLE - (Poste GRM - Maison Forte) Poste GRM de Bouzonville




L'alerte du mois d'août 1939 (6)

Le 22 août 1939, le dispositif de défense du territoire est officiellement activé. Il entraîne un renforcement immédiat de la surveillance aux frontières et dans les blockhaus. La Garde Républicaine Mobile (GRM) enchaîne alors les missions :


  • Évacuation des civils,

  • Rappel des gardes frontaliers

  • Prise de position dans les postes de combat,

  • Mise en place de contrôles dans les gares stratégiques


Deux jours plus tard, le 24 août 1939, l’autorité militaire donne l’ordre d’exécuter la mesure n° 27, qui impose l’évacuation immédiate et sans délai des familles logées dans :

  • Les cités cadres de la ligne Maginot,

  • Les casernes de la GRM situées en zone rouge.


Ces familles ne sont autorisées à emporter avec elles que de maigres bagages à main, accentuant la tension dramatique de cette montée vers la guerre.



Le déploiement des pelotons de la 7° LGRM au 24 août 1939 est le suivant :


Secteur fortifié de Montmédy (7)


PM 259 7° Compagnie (13)de Vouziers- Lt GOUY - Tête de Pont de Montmédy- Pc à Margut


Secteur fortifié de Crusnes (7)


11° Compagnie de Briey - Cne DUPUY - Sous Secteur d'Aumetz- Pc au Moulin de Bernawée (7)
8°Compagnie de Revigny sur Ornain - Cne ETIENNE - Sous Secteur d'Arrancy


Secteur Fortifié de Thionville (8)


1° Compagnie – Cne CHARLES - Sous-secteur d'Elzange

6° Compagnie - Cne POULAIN Sous-secteur Hettange-Grange

7° Compagnie - Cne BASTIEN Sous-secteur d’Elzange


Secteur fortifié de Boulay (9)


2° Compagnie - Cne BOUCHARDON PC à Schrekling (9)


Secteur fortifié de Faulquemont


3° Compagnie Cne COULIN jusqu'au 26 mars 40 puis Cne LAFITTE Jean - Sous-secteur Steinbesch . (10)



La réorganisation des Légions de Gardes Républicaines Mobiles de février 1940 et la campagne de mai-juin 1940

Le repli dans l’intérieur des 7°, 8° et 13° Légions de la Garde Républicaine Mobile entraine en février 1940 une réorganisation des légions avec la modification des numérotations de pelotons.


10° Compagnie

La 10° compagnie de l'ex-7° LGRM devient la 12° compagnie de la 1° LGRM. Elle est affectée à la 3° Armée et à la 3° DLC.


PM 501 devient 34/1
PM 503 devient 35/1
PM 505 devient 36/1


11°compagnie :

La 11° compagnie de Briey devient la 13° compagnie de la 1°LGRM.Elle est affectée à la 3° DLC et au 3° Régiment d’Autos-Mitrailleuses à compter du 10 mai 1940. Elle fera ensuite partie de la Brigade LISTER (Armée de Paris) à partir du 17 mai 1940.


PM 525 devient 37/1
PM 527 devient 38/1
PM 529 devient 39/1
PM 531 devient PM 40/1


2°compagnie

La 2° compagnie devient la 2° compagnie de la 4° LGRM. Elle est affectée au Secteur Fortifié de Maubeuge et au Secteur Fortifié de l’Escaut jusqu’au 16 mai 1940. Elle est ensuite mise à disposition du 110° RI et du 1° RI, et participe à la défense de Dunkerque jusqu’au 1er juin 1940.


PM 509 devient le 09/4
PM 515 devient le 07/4
PM 517 devient le 08/04


3° Compagnie :


La 3° compagnie devient la 14° Compagnie de la 1° LGRM. Elle est affectée, à compter du 10 mai 1940, à la 7° Armée du Gal GIRAUD. Elle participe aux combats de la Somme les 20, 21 et 22 mai 1940. Elle est ensuite rattachée au 16° Corps d’Armée (16°CA) du 23 mai au 2 juin 1940, avant de rejoindre le Secteur Fortifié des Flandres les 3 et 4 juin, où elle prend part aux combats de Dunkerque.


PM 519 devient le 41/1
PM 521 devient le 42/1
PM 523 devient le 43/1







Notes :

1) Besson (général), Encyclopédie de la gendarmerie, volume 2, SPE-Barthelemy, 2005,
2) La Gendarmerie Mobile, Colonel FRANQUE, Revue Historique de l’Armée n° 185 1991
3) http://garde.rep.mobile.57.free.fr/leshommes3.html
4) http://garde.rep.mobile.57.free.fr/gardes%20frontaliers.htm
5) https://wikimaginot.eu/_documents/2024-06/_wiki_docs/1-1718908751.webp
6) Historique du 4° groupe de la 7° légion de la GRM, n° 692, du 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
7) JM 11° Cie 7° LGRM 13 juin 1942, SHD 34 N11212
8) Rapport n° 113-2/D, du capitaine Poulain, sur l’action de la gendarmerie de la 6e compagnie de la 7e légion de la GRM, Saint-Pourçain, 16 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
9) Rapport du Cne BOUCHARDON du 21 juillet 1941, SHD 34 N11212
10) Historique du 4° groupe de la 7° légion de la GRM, n° 692, du 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
11) Rapport de l’adjudant Zingraff sur les opérations auxquelles il a participé avec la 3° compagnie de la 7° légion de GRM, Vichy, 20 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121
12) Rapport du Cne DUPUY du 13 juin 1941, SHD 34 N 1121
13) Rapport du Lt GOY du 12 août 1941, SHD 34 N 1121






Site web de référence :




Sources :

Service historique de la défense - 34 N 1121
http://garde.rep.mobile.57.free.fr/
lecahiertoulousain.free.fr
Forcepublique, Revue de la SNHPG
http://tenuebleugendarme.free.fr/
https://tenue31.fr/gendarmerie/
Le financement du casernement des formations mobiles de la gendarmerie entre 1921 et 1939 | SNHPG
La Gendarmerie Mobile, Colonel FRANQUE, Revue Historique de l’Armée n° 185 1991
Yann Galera (aspirant), La Garde républicaine mobile à l’épreuve du 6 février 1934, Maisons-Alfort, SHGN, 2003, 189 p.
Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherche, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, p. 64.
Georges Philippot (général), « D’une militarité de statut à une militarité d’emploi », conférence du 6 avril 2004, Paris IV, dans le cadre du séminaire « Gendarmerie, identité nationale et régulation sociale ».
Besson (général), Pierre Rosière, Gendarmerie nationale, Paris, Xavier Richer, 1982, pp. 240-241.
Note de l’EMA n° 358 1/EMA, 1er bureau, Paris, 7 septembre 1939, sur la répartition et regroupement des effectifs de la GRM, SHD-DAT, 7 N 2463.
Besson (général), Encyclopédie de la gendarmerie, volume 2, SPE-Barthelemy, 2005, p. 60.
Historique du 4° groupe de la 7° légion de la GRM, n° 692, du 17 juillet 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport n° 473/3, du lieutenant Duval, ex-commandant du PM 515, sur l’activité du PM 515, durant la campagne de 1939-1940, La Flèche, le 8 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport n° 113-2/D, du capitaine Poulain, sur l’action de la gendarmerie de la 6° compagnie de la 7° légion de la GRM, Saint-Pourçain, 16 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport n° 466, du capitaine Coulin, sur l’utilisation de la 3° compagnie de la 7° légion de la GRM comme unité combattante au cours de la guerre 1939-1940, Pontoise, le 7 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport du Capitaine Ventrillard, ex-commandant de la 11e compagnie de la 4° légion de la GRM, sur l’emploi de cette unité (1939-1940), 23 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.
Rapport de l’adjudant Zingraff sur les opérations auxquelles il a participé avec la 3° compagnie de la 7° légion de GRM, Vichy, 20 août 1941, SHD-DAT, 34 N 1121.








Rédaction :

Emmanuel HORNY





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